Le populisme d’apparat ou la neutralisation nationaliste

Par François-Xavier Rochette

 

                 Le populisme d’apparat ou la neutralisation nationaliste 

 

 
   Il s’agit en effet d’un raz de marée, d’un tsunami. Mais la lame n’est pas physique, n’est pas tangible, ne constitue aucunement la réification d’une conscience collective forte, apte à modifier les choses en profondeur. Le papier mâché est abondant, la peinture dégorge des cartons, les masques sont épais, les échasses ajustées, le maquillage apposé à la truelle. Mais malgré la publicité incessante orchestrée par le media unique (comme il existe une pensée unique), malgré le vedettariat institué par le Système, malgré l’officialisation conforme de son statut de rebelle « tout désigné », malgré les cris d’orfraie enregistrés en studio, malgré cette phénoménale mise en scène, le Premier mai du nouveau front national annoncé par l’ensemble de la canaille journalistique n’a rassemblé que quelque 3000 ou 5000 personnes devant l’égérie systémique du néo-populisme à la « française ». Une véritable dérision spectaculaire ! Las, les cadres de l’entreprise familiale (trois générations lepénistes entouraient le commissaire politique Gilbert Collard) avaient distribué des centaines de drapeaux tricolores bon marché aux naïfs destinés à faire la claque aux bénéficiaires directs de la petite PME. Mais l’impression de dépression ou d’atonie se dégageant de la manif était bien la seule à triompher. Le charisme ne se décrète pas, et pourtant aucune magie insaisissable ne vit en lui.

       Le charisme est d’abord enfant de principes incarnés

Car ni le rhéteur ni le fanfaron ne possèdent en eux la quintessence charismatique ! Le charisme n’est pas un don comme le font croire les journaleux incultes ou les animateurs de l’Engeance. Le charisme naît chez le personnage habité, mû par une inflexible volonté de servir les principes vrais ; la volonté même ne suffit pas : Elle doit servir la vérité ! L’exposé du grand sociologue Max Weber sur les trois sortes de dominations caractéristiques dévoile implicitement cette condition nécessaire. Le pouvoir charismatique constitue un tout auquel on ne peut rien retrancher. En cela le dirigeant charismatique ne peut être l’émissaire que d’une partie de vérité, ne peut postuler la tempérance, ne peut jouer le jeu du régime qu’il prétend combattre, bref ne peut mentir à soi-même et donc aux autres. Rappelons aux primo-arrivants rivaroliens que la puissance charismatique est toujours première sur le plan chronologique et qu’elle précède apparemment l’avènement d’une domination traditionnelle pendant laquelle la vérité est enseignée et respectée dans une atmosphère plus sereine, sur une durée plus longue, une période traditionnelle où les progrès et les innovations existent mais ne peuvent remettre en cause l’ordre établi. Un autre type de pouvoir appelé domination bureaucratique par Weber semble in fine peu pertinent en tant que grille de lecture sociologique. L’apparence du froid technocratique, du « sine ira et studio » est fort trompeuse. Il ne peut y avoir de pouvoir exclusivement technocratique, il faut des postulats axiologiques (aussi faux soient-ils) pour tenir la macrostructure sociale et politique. Nous vivons actuellement l’époque du tout mensonge bureaucratique où les experts sont de fieffés hypocrites et les rebelles ou bouffons du régime élaborés en silicone industriel. Peut-être comprenons-nous mieux maintenant pourquoi le monde médiatique d’une manière générale est si dénué de talent. Non que les décideurs n’aiment point par principe le talent ! C’est le charisme qui leur fait horreur ! La condition du vrai changement, l’hétérogénéité dogmatique, les métaphores diverses et variées non de la fantaisie mais de la réalité ! L’on comprend parfaitement à l’aune de ce petit dessin didactique l’inanité plastique d’une femme superficielle comme Marine Le Pen. La belle fadaise ! Seule, incapable de fasciner le peuple (son chantre officiel pourtant…), elle est tirée par toute l’industrie du media hexagonal et désormais invitée dans les émissions où « l’on rigole » entourée d’invertis et de cocaïnomanes. Tout cela a un prix comme la Peau de Chagrin, la jeunesse, l’argent, la renommée et les photographies dans les magazines. Voilà ce que l’on pouvait trouver sur le site Internet du FN la semaine dernière : « A l’heure où la justice allemande se penche non sans courage sur la responsabilité de la division SS Das Reich dans ces massacres, en lançant depuis peu une enquête pour crime de guerre contre les six suspects toujours en vie qui appartenaient à cette unité blindée, le Rassemblement Bleu Marine s’alarme du possible abandon d’une part insigne des vestiges d’Oradour-sur-Glane, qui seraient ainsi sacrifiés sur l’autel des restrictions budgétaires : devant cette perspective inconcevable, il réclame avec force des pouvoirs publics qu’ils s’engagent franchement à doter l’intégralité du site d’Oradour-sur-Glane des moyens financiers permettant d’en assurer la préservation durable. Sur cette affaire qui malmène une fois de plus l’intégrité du patrimoine historique de la France, qu’il appartient à chacun d’entre nous de respecter avec une égale rigueur, le gouvernement Hollande ne saurait davantage fuir ses responsabilités vis-à-vis des Français en refusant plus longtemps de prendre clairement position ». Lignes conformes écrites par Karim Ouchikh, conseiller de Marine Le Pen à la Culture, à la Francophonie et à la Liberté d’expression et Président exécutif du SIEL… Où l’on s’aperçoit que la dédiabolisation désirée par l’héritière de Montretout est fort aisée. Puisqu’il s’agit, en somme, de conformer la ligne du vieux FN à la doxa obligatoire. Il suffit d’écouter les bonnes personnes aux bons moments et bien sûr de respecter les directives de ceux qui « savent ». « Là dans l’intimité d’un petit appartement en duplex, le 8 avril, un repas organisé chez Paul-Marie Coûteaux (vrai patron d’Ouchikh), réunit quelques convives, parmi lesquels Marine Le Pen et Philippe Martel. » Martel est l’ancien chef de cabinet du mondialiste bien élevé Alain Juppé au Quai d’Orsay. « Marine Le Pen, soucieuse de ne pas veiller tard (de qui se moque-t-on ?), quitte la soirée vers 22h30. Non sans que l’ancien conseiller d’Alain Juppé lui ait proposé l’envoi d’une note. Comme ça, pour aider. » Les articles de L’Express sont souvent intéressants lorsqu’ils concernent la fille de Jean-Marie Le Pen. Le magazine aux couvertures triangulaires systématiques consacre désormais des pages et des pages à cet outil du Système dont la fonction sert à désactiver le potentiel révolutionnaire « des exclus » et de « ceux qui souffrent ».

Une vacuité vécue sereinement

Mais l’Engeance est bel et bien confrontée à un problème né tout naturellement. Comment peut-elle soutenir durablement la marionnette tout en cultivant sa nécessaire image iconoclaste, condition de son pouvoir de fascination ? Comment préserver la réputation du Golem quand on l’encourage (comme le font Franz Olivier Giesbert ou le délicat Stéphane Bern) et le défend publiquement, propagande oblige ? Une Engeance qui voudrait un FN aussi attrayant qu’un vrai mouvement hétérogène mais au sein duquel l’on ne trouverait que des membres châtrés, dévirilisés, tenus, comme une vieille gaupe à la retraite tiendrait ses greluchons. Pour ce faire, elle crée des scenarii qui dictent le déroulement même d’émissions que tous les péquins croient honnêtes et sérieuses, des émissions d’information, nous dit-on… Tous les six mois, les téléspectateurs ont ainsi droit à leur match de catch opposant la très fatiguée Marine Le Pen (l’éreintement consécutif à une comédie qui n’a que trop duré) qui abuse visiblement des produits cosmétiques, à Anne-Sophie Lapix, jolie, sémillante et très servile animatrice de Canal plus. Encore une chamaillerie jouée (et en l’occurrence fort mal jouée) pendant laquelle Marine Le Pen traita son intervieweuse de « commissaire politique » à plusieurs reprises… Comme si ses purges innombrables au Front National l’avaient vaccinée contre l’insulte politique… Si, taquin, nous avions un sale conseil à lui donner, ce serait de prendre quelques cours de comédie style « téléréalité » afin de redonner au moins un peu de lustre à une baudruche bien ternie.

      L’ersatz patriotique ? Simplement un espace politico-commercial à occuper quand l’Engeance le veut bien.

Ne sont-ils pas pénibles tous ces nationalistes qui osent dénoncer la pantomime mariniste ? Chut ! Nous ruchonnent tous les Roger-bontemps, invertis, francs-maçons, potiches éhontés de Conseils Régionaux inutiles, chut ! Hein ? Quels intérêts devrions-nous préserver, quelles causes devrions-nous défendre par notre silence ? Les rares « petits », élevés dans la pouponnière frontiste du FNJ, hier dynamique faisceau de jeunes radicaux qui se riaient du danger, sont sélectionnés, eux-aussi, semble-t-il, en fonction de critères d’une inquiétante modernité ! Comme s’il n’y avait absolument plus rien à préserver. Le numéro 1 de la juvénilité frontiste, Julien Rochedy, s’est lâché pour L’Express, encore une fois… Incroyable comme les démocrates marinistes sont prolixes lorsqu’ils sont interrogés par le reporter du magazine, le bien nommé Tugdual Denis ! « Quand j’étais en Cinquième, je voulais être hippie ou rappeur, et je détestais la France. (…) Je m’adapte à mon temps. Si l’on veut triompher dans son époque, il faut l’épouser. » Puis notre alter-rappeur explique que l’étiquette frontiste lui donne un « côté rebelle » qui plaît bien aux filles, alors que « ses vrais amis ne sont pas au Front national ». Une manière de dire, peut-être, qu’il n’est pas homosexuel sans heurter les grands chefs auxquels il doit rendre des comptes ? Enfin, l’atomisation morale, le ramollissement des troupes, la « néo-ringardisation », la « beauferie » du mouvement atteignent de tels niveaux que même notre bon L’Express (« Jusqu’où mènera la banalisation poussée à l’extrême ? ») s’alarme et s’inquiète d’une dédiabolisation qui pourrait écorner l’image d’un FN « sulfureux » attirant, en les chloroformant, les petits, les délaissés, les oubliés, les enragés, les « prérévolutionnaires ». Il ne faudrait quand même pas démonétiser ce fabuleux instrument du Système, énorme camp d’attente éternelle, et d’extinction, du nationalisme orthodoxe.

                                                                                                 François-Xavier Rochette

 

 

Qui se cache derrière le mariage pour tous ?

 SI LES OPPOSANTS AU MARIAGE HOMOSEXUEL SONT TRAITÉS D’ANTISÉMITE; C’EST D’ABORD PARCE QUE LA VOLONTÉ DE DÉTRUIRE LA FAMILLE EST UN PROJET…

 

« FN… tout ça pour ça !  » conférence d’Anne Kling

Conférence d’Anne Kling sur le LTS  le 19 Février 2012.

 

 

Plus personne pour tenir la boutique: « Le FN devient la risée de la Côte d’Or »

Suite à l’ « éviction » de Remy Boursot comme Secrétaire Départemental du Front National de Côte D’Or ! et à la démission des membres de son bureau et des nombreux adhérents qui ont renvoyé leur carte à Jean-Marie Le Pen et bien le Front National recrute !!!

Tous pourris…

Affaire Cahuzac : un proche de Marine Le Pen a ouvert le compte chez UBS en 1992

 

LE Monde:

Un nouveau personnage apparaît dans l’affaire Cahuzac. Selon les informations du Monde, le compte suisse dont l’existence a été reconnue par l’ancien ministre du budget a été ouvert par Philippe Péninque, un proche de la présidente du Front national, Marine Le Pen.

C’est lui qui, en 1992, a ouvert à la banque UBS un compte dont l’ayant-droit économique était M. Jérôme Cahuzac, a-t-on appris de source proche de l’enquête.

M. Péninque a reconnu avoir entretenu des relations amicales avec M. Cahuzac, qui était alors médecin. Il a affirmé ensuite : « Ce qui est illégal c’est de ne pas déclarer un compte, pas d’aider à l’ouvrir. Jérôme Cahuzac avait besoin d’un compte, je l’ai aidé à l’ouvrir. »

Marine Le Pen était-elle au courant de ce scénario ? M. Péninque prétend en avoir informé la présidente du Front national : « Je lui ai dit que j’étais ami avec Cahuzac et peut-être que dans le cadre de mon activité professionnelle, j’avais ouvert ce compte. »

Philippe Péninque, 60 ans, n’est pas un inconnu. Cet ex-membre du GUD est aussi ancien membre fondateur d’Egalité et réconciliation. Il fait aujourd’hui partie des conseillers officieux de Marine Le Pen. En 2007, il avait réalisé l’audit du Front national.

Si l’histoire du compte non déclaré de Jérôme Cahuzac est un lourd secret, c’est parce qu’elle est avant tout une histoire de famille inavouable. Celle de Jérôme Cahuzac, ou plus exactement de son ex-femme. Patricia Cahuzac est en effet la cousine de la femme d’un avocat parisien, Jean-Pierre Eymié.

M. Eymié est aussi un ancien du GUD et l’associé au sein de son cabinet avec un autre avocat, lui aussi ex- »gudard », Philippe Peninque!!!

Peninque et Eymié sont les grands amis de celui qui est alors chirurgien de profession, et pas encore ministre du budget de François Hollande.

« Tout cela forme une petite fratrie très familiale », racontait un proche ces derniers jours.

Jérôme Cahuzac fraye alors en plein « Gud business ». Une bande virile, un univers clos, où on ne fait des affaires que dans l’entre-soi. Eymié et Peninque jouent les « rabatteurs ». Le premier adresse des clients au spécialiste des implants capillaires. Le second, grand manitou des activités du clan, s’occupe, lui, de l’argent et des affaires.

C’est ensemble que cette petite bande décide d’investir dans des mines au Pérou via une SCI nommée La Rumine, fondée par un autre « gudard », Lionel Queudot et sa femme. Ce dernier a expliqué à ses amis qu’il y avait de l’argent à faire, « dix à quinze fois la mise », selon un témoin de l’époque.

Plusieurs opérations sont réalisées, dont la dernière vire au fiasco. Le gouvernement péruvien met le holà. Plusieurs investisseurs perdent sèchement leur mise. Jérôme Cahuzac, lui, a déjà une petite aura. Il fera partie des clients chanceux qui auraient été remboursés par Lionel Queudot, expliquait il y a quelques jours au Monde un financier, assurant que « l’argent allait ensuite sur un compte UBS ».

On a, depuis, beaucoup entendu parler de Lionel Queudot, en raison notamment du rôle qu’il a joué dans la délivrance en 1998, d’un vrai-faux passeport à Alfred Sirven, l’ancien « numéro deux » de la société pétrolière Elf. Curieusement, de l’argent de M. Sirven avait transité sur certains comptes de M. Queudot, découvrent à l’époque le juge genevois Paul Perraudin et son homologue parisien Renaud van Ruymbeke. Celui-là même qui, aujourd’hui, est chargé de l’affaire Cahuzac.

Génération Philippot

Alors que les nationalistes, les patriotes et autres cadres et membres du Fn commémorent l’assassinat du Colonel Jean-Marie Bastien-Thiry et protestent contre l’inique journée du souvenir pour le 19 mars 1962, Philippot exhibe le symbole de la Grande Zohra et -sa tête va exploser- se prétendant d’une  »génération Philippot »!!!

Gilbert Collard remet Florian Philippot à sa place

En cause, la motion de censure déposée par l’UMP contre le gouvernement et initiée par Jean-François Copé. Motion pour laquelle voteront les deux députés Rassemblement bleu marine au nom du principe de « cohérence« , comme l’a annoncé Marion Maréchal-Le Pen le 17 mars dans Le Journal du dimanche.

Problème, le journaliste lui fait remarquer que, quatre jours plus tôt, Florian Philippot s’est montré bien plus frileux sur cette motion de censure. Invité du Talk Orange Le Figaro le numéro 2 frontiste s’était lancé dans un « ni oui ni non » plutôt défavorable :

On n’est pas en accord avec le gouvernement mais on n’est pas non plus en accord avec l’UMP.

Alors, abstention ? « On verra« , avait simplement répondu Florian Philippot.

Une hésitation qui suffit pourtant à Gilbert Collard pour le remettre à sa place sur l’air du « ce n’est qu’un vice-président parmi d’autres »:

Je m’excuse mais ce n’est pas à lui de donner des consignes, c’est à Marine.  (…) De toutes manières j’ai ma liberté et je voterai cette motion de censure.

Ce n’est pas au vice-président – qui sont très nombreux du reste au Front– d’avoir à se prononcer sur cette question.

Le député-avocat poursuit en soulignant qu’il s’agit d’une « affaire d’intelligence » :

C’est une affaire de cohérence, d’intelligence des choses. (…) Une affaire d’honnêteté politique. La cohérence est de voter la motion de censure car on est contre la politique de ce gouvernement.

La veille, Marion Maréchal-Le Pen avait argumenté dans le même sens sur BFMTV :

Ce ne serait pas lisible pour nos électeurs de ne pas la voter.(SIC)

 

 

Philippe Armand : «Le FN se vend au système avec Philippot»

La crise qui touche le FN lorrain se cristallise autour de votre mise à l’écart comme salarié du groupe politique au conseil régional. Vous a-t-on signifié les raisons de ce limogeage ?

Philippe ARMAND : « Non. Mon contrat d’assistant des élus FN à la Région, qui s’achevait le 28 février, n’a pas été renouvelé sans qu’on m’en donne les raisons. J’en étais à mon huitième contrat précaire à ce poste depuis le 1er juin 2010. J’avais poliment demandé à ce que mes compétences soient reconnues et qu’on consolide mon contrat. Ça n’a pas plu. J’estime avoir été un collaborateur efficace. »

Pensez-vous avoir été écarté juste pour installer Arnaud Naudin-Menu qui va vous succéder ?

« C’est évident. Cet animateur du Bloc identitaire a été présenté comme mon successeur avant même qu’on m’annonce officiellement le non-renouvellement de mon contrat. C’est une manœuvre de Florian Philippot, vice-président, qui place un proche. Dans les médias, il a d’abord dit qu’il ne le connaissait pas. Il s’est ensuite trahi en disant que Naudin avait plus de compétences que moi. Comment peut-il le savoir s’il ne le connaît pas ? La méthode Philippot constitue une dérive incompréhensible. »

Des adhérents historiques du Front national en Lorraine vous soutiennent, certains ont démissionné de leur mandat au conseil régional. Vous y avez été sensible ?

« Oui c’est positif, cela me touche alors que je suis au chômage. Le problème, c’est le fonctionnement curieux adopté par les cadres du parti. Aucun n’a accepté de me rencontrer. Sauf le président d’honneur. »

Vous parlez de Jean-Marie Le Pen ?

« Jean-Marie Le Pen a accepté de me recevoir en décembre. Il m’a dit que, selon lui, je ne devais pas être viré. J’ai essayé de le recontacter en janvier, quand les choses se sont aggravées pour moi, mais son secrétariat m’a bien fait comprendre qu’aujourd’hui, c’est Marine et son entourage qui prennent les décisions. »

Vous avez accompagné Philippot lors des législatives. Vous étiez vous-même candidat FN à Sarreguemines. Pourquoi ce clash aujourd’hui ?

« Au début, nous pensions que Philippot allait être une formidable locomotive pour la Moselle et le secteur de Forbach, où il tente de s’implanter. Mais, nous, les militants de base, avons été les dindons de la farce. On s’est démené pour lui, mais on n’a rien reçu en retour. Ceux qui ont commencé à parler des problèmes de management ont été écartés. La ligne de la nouvelle direction devient paradoxale : le mouvement se présente comme le défenseur des sans-grade, mais fait taire la base interne : Alain Friderich, Cassandre Fristot ou moi. Les cadres parisiens font tout pour empêcher l’émergence de nouveaux talents en région. C’est à se demander s’ils veulent vraiment s’implanter localement. »

Au final, vous n’êtes pas convaincu par la stratégie Philippot ?

« Ce garçon est peut-être un bon communicant, mais il a fait une petite campagne à Forbach aux législatives par rapport à sa soi-disant envergure. Son score, on le faisait déjà avant son arrivée en Moselle-Est, Friderich ou moi. La dédiabolisation fait qu’on ne voit plus la différence entre notre parti et l’UMP ou le PS. On s’est vendu au système alors que notre essence est d’être anti-système. Philippot est un homme du système. Aujourd’hui, il est au Front mais il pourrait vendre sa camelote de la même façon ailleurs au PS ou chez les trotskistes. Son invention, le mouvement Bleu Marine, c’est la mort du FN. Vous avez vu la flamme tricolore sur nos affiches ? On ne la voit presque plus ! »

Vous êtes toujours adhérent du FN. Allez-vous déchirer votre carte ?

« J’ai voulu être acteur au FN car je crois en ses idées. Je ne démissionnerai pas, je ne ferai pas ce plaisir à Philippot et consorts. La balle est dans leur camp, qu’ils décident. Je pense qu’ils vont me virer après cette interview. »

le parachutage raté de « Monsieur-Je-Sais-Tout »

« L’énarque », « Monsieur-Je-Sais-Tout », « le technocrate ». Les surnoms persifleurs ne manquent pas. Les frontistes mosellans, élus comme militants, dénoncent en chœur  « l’arrogance », « l’incompétence », « le mépris », « l’outrecuidance » ou, au mieux, la « maladresse » de Florian Philippot, que le Front a parachuté dans la région aux dernières législatives. « Il parle des choses de grandes écoles, l’euro, l’Europe, les frontières », détaille le démissionnaire Yves Gelszinnis. Et d’ajouter : « Sur le terrain, il amène ses bonshommes, son staff comme on dit, et il se fout des gens qui sont sur place. » « Il ne m’a même pas rencontré, il s’implante comme ça mais ne sollicite pas les élus locaux », déplore un autre.

« C’est un arriviste, on voit bien qu’il a fait des grandes études il est hautain, il nous snobe, il sait pas parler un mot de patois », corrobore un « militant de base écœuré », qui a participé à sa campagne en juin 2012. Frontiste depuis vingt-sept ans, ce quadragénaire au fort accent lorrain n’a pas renouvelé sa carte cette année.

« Il ramène tout à sa petite personne, dit ‘j’ai fait 47% aux législatives’ sur RTL et ça, ça me fait bondir au plafond ! C’est le FN qui a fait un bon score, pas lui, qui arrive avec sa copine algérienne même pas française, ses homosexuels bien efféminés et qui vient nous parler de préférence nationale sur les terres d’anciens mineurs », abonde un responsable local sous couvert d’anonymat, car consigne est passée de ne pas s’exprimer.

Thierry Gourlot, patron de la fédération mosellane, tente de minimiser :  »C’est un épiphénomène, une petite perturbation. » Mais il reconnaît un « problème de relationnel ». « Jalousie », balaie quant à lui Wallerand de Saint-Just, membre historique du bureau national du Front national.

Dans le fond : un FN pas assez sur « les fondamentaux »

Mais le mécontentement semble plus profond. « Il y a une gestion libérale à l’américaine, et je crois qu’à faire partir des gens qui étaient là depuis vingt-sept ans, on va dans le mur », reconnaît l’un des responsables locaux. « Quand on avait un problème comme ça, on avait directement Jean-Marie Le Pen au téléphone et là, la nouvelle direction, ce n’est pas du tout son créneau », note-t-il.

« Philippot est symptomatique de la transformation du FN depuis quelques années, et notamment depuis l’élection de Marine Le Pen à la présidence », balance Alain Friderich, ancien suppléant du numéro 2 frontiste aux législatives, qui explique que « la plupart des convictions propres au Front ne sont plus présentes. » « Il parle tout le temps d’économie, sans aucune pédagogie, et des frontières… mais c’est de la politique politicienne comme savent le faire l’UMP et le PS », souligne-t-il. Et d’inventer l’imprononçable nom de « FNUMPS » pour désigner le parti en l’état actuel.

« Il ne faut pas un FN trop light, on a trop parlé de la sortie de l’euro, il faut revenir aux fondamentaux : lutte contre l’islam, contre l’immigration, contre la délinquance essentiellement d’origine maghrébine », martèle un autre frontiste du cru. « C’est justement cet élargissement qu’il a apporté au FN. Quand on est un parti de gouvernement, il faut avoir réponse à tout », tempère Thierry Gourlot.

« Marine Le Pen et les personnes qui l’entourent prennent les problèmes actuels des Français à bras le corps, explique Wallerand de Saint-Just. Nous nous appuyons sur les préoccupations qui ressortent des sondages, c’est-à-dire les impôts et l’insécurité. C’est vrai que le reste, nous l’avons un peu abandonné. » En attendant, « on va rentrer dans le dur, on va voir si on est des branches mortes », menace un militant FN. Tandis qu’un élu paraphrase Jean-Marie Le Pen : « Les numéros 2, les dauphins, sont faits pour s’échouer un jour. »