18 mars 1978 : assassinat de François Duprat

                                       

      26 octobre 1940 – 18 mars 1978
FN – Le Pen – Hommage à François Duprat


   Le 18 mars 1978, sur la départementale menant à Caudèbec-en-Caux (Seine-Maritime), une explosion retentit et pulvérise la voiture de François Duprat. Il se rendait au collège où il enseignait l’histoire quand une bombe télécommandée, placée sous le siège du conducteur, explosa. Sa femme, Jannine, assise à ses côtés, grièvement blessée, échappera miraculeusement à la mort mais restera lourdement handicapée.

                         

   Jean-Marie Le Pen aux funérailles de François Duprat

    Cet attentat sera immédiatement revendiqué par deux groupes terroristes inconnus des services de police, le « commando du souvenir habiroux » et le « groupe habiroux révolutionnaire ». Revendications qui furent rapidement jugées fantaisistes par les enquêteurs. Aujourd’hui encore, la vérité sur les commanditaires de cet assassinat n’est jamais sortie du puits et toutes sortes d’hypothèses, souvent contradictoires, ont été avancées: une piste proche-orientale du fait notamment de liens tissés par Duprat avec le parti Baas syrien, une piste barbouzarde puisque le frontiste s’apprêtait à publier un livre intitulé Argent et politique contenant des révélations fracassantes sur le financement des partis politiques de droite. Cet ouvrage n’est finalement jamais paru. D’autres y ont vu la main de l’extrême gauche…

Né à Ajaccio le 26 octobre 1940, Duprat entra en politique à l’âge de 16 ans. Secrétaire de Maurice Bardèche, – il dirigera sa revue, Défense de l’Occident –, documentaliste de Roland Gaucher pour son ouvrage L’Opposition en URSS 1917-1967, il militera au mouvement Jeune Nation de Pierre Sidos, créera une section GAS à Toulouse – ce qui lui vaudra quelques mois d’emprisonnement – rejoindra par la suite les rangs d’Occident puis d’Ordre nouveau avant d’adhérer au FN à sa création en 1972 où il animera la tendance national-révolutionnaire, deviendra membre du bureau politique et même n°2 du mouvement.

   Diplômé d’études supérieures en histoire, grand spécialiste des mouvements nationalistes français et étrangers, historien anticonformiste doué d’une puissante capacité de travail, Jean-Marie Le Pen garde le souvenir d’un Duprat « hirsute, brillant et myope ».

   « Nous ne devons pas laisser à nos adversaires, marxistes et régimistes, le monopole de la présentation historique des hommes, des faits et des idées. Car l’Histoire est un merveilleux instrument de combat et il serait vain de nier qu’une des raisons importantes de nos difficultés politiques réside dans l’exploitation historique et la déformation systématique des expériences nationalistes du passé. (…) C’est pour répondre à ce besoin (…) qu’une équipe d’intellectuels, de professeurs, de nationalistes a créé la Revue d’Histoire du fascisme. »

                                                                                             François Duprat, mai 1976

Pour en savoir plus sur François Duprat, nous vous conseillons le n°2 des Cahiers d’Histoire du nationalisme – François Duprat et le nationalisme révolutionnaire.

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Nathalie Pigeot, cadre du FN, dénoncée comme « nazie »

La direction du néo-Front national a ouvert la boîte de Pandorre quand elle a commencé à se soumettre aux oukases et condamnations de la caste médiaticopolitique contre ses membres « mal pensants ». Depuis des mois, particulièrement à l’approche des élections, la recherche du jeu de mots sulfureux, de la publication sur un réseau social d’une image insuffisamment antiraciste, une phrase imparfaitement républicaine prononcée lors d’un repas amical par un militant du FN est devenue le passe-temps favori de nombreux journalistes, aidés généralement par les activistes antifascistes. Cela a conduit à l’exclusion de plusieurs dizaines de membres politiquement incorrects du FN qui, de son côté, n’a jamais exigé en retour l’exclusion des terroristes de la pensée juifs ou staliniens chez ses ennemis, pas plus que celle des députés corrompus – Serge ‘Dassault’ Bloch et son coreligionnaire Patrick Balkany par exemple – pas plus, quand il était parlementaire, que celle du pédocriminel juif Daniel Cohn-Bendit.

Certains de ses membres pourtant bénéficient d’une extraordinaire protection. Il y a quelques jours, un islamophobe avait bénéficié du soutien du FN. Hier, c’est à une cadre, Nathalie Pigeot, ancienne responsable du Front national de la jeunesse (sic) (FNJ), que la direction du parti d’extrême droite a apporté son soutien. Pourtant, la candidate FN aux élections départementales à Saint-Avold (Lorraine) est accusée par un activiste antifrançais, Stanislas Czerwinski, qui avait adhéré au FN – grâce auquel il a été conseiller municipal à Créhange avant de claquer la porte du parti – du crime le plus grave : détenir des objets « glorifiant le nazisme » (doublement sic).

Il prétend avoir découvert des portraits du Führer allemand Adolf Hitler et de son ministre de la Propagande Joseph Goebbels dans le bureau de Nathalie Pigeot à son domicile.

Un portrait de Joseph Goebbels.Un portrait de Joseph Goebbels.

Le torchon antifrançais Charlie hebdo (« Je peux dire « Je suis Charlie » » avait déclaré Florian Philippot le 8 janvier 2015 sur RTL) a relayé ses attaques, tout comme le Républicain lorrain.

« J’ai averti ma hiérarchie tout de suite, parce que pour moi c’était grave. Je ne pouvais plus continuer à travailler avec cette femme. J’ai voulu résoudre le problème en interne, mais je n’ai pas réussi, donc j’ai démissionné »

a affirmé Stanislas Czerwinski.

Le soutien du Front national à Nathalie Pigeot est d’autant plus surprenant que de nombreux militants ont été exclus pour des déviances – des comportements sains, mais considérés comme telles par l’occupant – bien moindres, et que Stanislas Czerwinski n’est pas le seul à avoir dénoncé de tels faits. L’ancien secrétaire départemental du FN en Moselle Bernard Brion a affirmé également avoir vu « une photo encadrée d’Adolf Hitler » et « des assiettes brunâtres où figurait le sigle SS » chez Nathalie Pigeot.

Si les faits sont avérés, Nathalie Pigeot apparaîtrait comme une curieuse nationale-socialiste, qui a participé activement à la chasse aux militants sincères et radicaux, allant jusqu’à cosigner avec le déviant sexuel Steeve Briois un texte interdisant aux jeunes militants du FN de participer à des listes nationalistes ou patriotes lors des élections universitaires, préférant abandonner les facultés à l’extrême gauche ou, peut-être pire encore, aux associations apolitiques spécialisées dans l’organisation de beuveries.

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Source : Jeune Nation

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7 mars 1894 : naissance de Marcel Déat

Marcel Déat est né à Guérigny en Bourgogne, le 7 mars 1894.

En 1914, il est mobilisé au front pour la durée de la  guerre, qu’il termine avec le grade de capitaine. Sous le pseudonyme de Taëd, il publie  »Cadavres et maximes, philosophie d’un revenant », où il exprime son horreur de la guerre, mais où il est aussi fasciné par la discipline collective et pour la camaraderie au front.

Normalien, journaliste, il est député SFIO de 1926 à 1928 et de 1932 à 1936. En 1933, il est exclu du parti pour ses doctrines de plus en plus autoritaristes et ses positions d’union nationale.

Il participe à la création le 5 novembre 1933 du Parti socialiste de France et devient le chef de file des néo-socialistes, qui sont séduits de plus en plus par les modèles fascistes. Ministre de l’Air en 1936, dans le cabinet Sarraut, il est député « rassemblement anticommuniste » en 1939.

Il devient le fondateur le 310 janvier 1941 du RNP, Rassemblement national populaire, qui se déclare socialiste et européen.  Il participe a la création de la LVF.  Le 27 août 1941, il est blessé dans l’attentat de Paul Collette contre Laval, alors qu’ils passent en revue les troupes de la LVF.

Déat entre le 16 mars 1944 dans le gouvernement comme ministre du travail et de la solidarité nationale de Pierre Laval.

 

Il se réfugie en Allemagne à l’été 1944 et conserve le titre de ministre du travail au sein de la Commission gouvernementale à Sigmaringen.

 En avril 1945, il quitte l’Allemagne pour l’Italie, où il finira ses jours sous un nom d’emprunt, converti au catholicisme, dans le couvent de San Vito, près de Turin.

Durant son exil, il enseigne dans un collège de Turin, et meurt le 5 janvier 1955, sans rien renier de ses idées et de ses choix.  Son épouse nous quitta en 1995, à l’age de 91 ans.

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Militant n° 668

Le Militant n° 668 de février 2015 est paru.

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Nationalisme et catholicité par Michel FROMENTOUX

Nationalisme et catholicité

par  Michel FROMENTOUX


        Paru dans Fideliter en juillet-août 1992.    

Les évêques français – ou du moins les bureaucrates qui rédigent leurs déclarations – l’ont décrété : le nationalisme est un péché. Le Catéchisme pour adultes publié l’an dernier y voit de son côté la « forme dégradée du patriotisme ». Et, de fait, il y a toujours eu des chrétiens pour considérer les frontières nationales comme une insulte à l’amour dû à tous les hommes de la terre.

Évidemment, si nous vivions dans un monde de saints, il n’y aurait pas plus besoin d’être nationaliste que de fermer à clef la porte de son appartement… Seulement voilà : les hommes ne sont pas naturellement bons, et ils ont besoin de se grouper dans des communautés qui les protègent contre les autres autant qu’elles les aident à contenir leurs propres appétits.

Nier cette évidence revient tout simplement à nier le péché originel : c’est le tort des cosmopolites et de leurs complices démocrates chrétiens qui, jetant le discrédit sur les traditions, les institutions coutumières, les corps sociaux ancestraux, croient porter l’homme aux « franchises de l’esprit » (Marc Sangnier dixit), mais en fait le dépouillent de toute identité sans pour autant servir la paix.

Faut-il donc être nationaliste ? Hélas oui ! Et plus que jamais quand ceux qui veulent détruire les nations n’ont d’autres ambitions que mercantiles. La supranationalité selon Maastricht, comme le « Nouvel ordre mondial » dont elle est le premier jalon, est celle de l’Argent, au nom duquel on rationalise, déracine et asservit. On veut inviter les hommes à fuir tout ce qui mérite d’être gardé et défendu et à se massifier dans la vulgarité du fast-food, dans le culte du gadget et, pour les plus « initiés », sous le vernis gnostique et vaguement spiritualiste du « New Age ». S’il y a un ordre là-dedans, c’est celui de la décharge publique.

LES « ETATS-UNIS D’EUROPE » SONT DERRIÈRE NOUS

Toutefois, s’il convient de s’accrocher à la défense de la nation, c’est parce que le monde est en pleine régression. L’Histoire nous apprend qu’au temporel Rome seule réussit à unir un grand nombre de peuples européens, les aidant à dépasser leurs querelles intestines. Après la débâcle de l’empire, les évêques et les moines sauvèrent l’acquis de la civilisation et, sous le signe de l’universalité chrétienne, révélèrent aux chefs barbares eux-mêmes les bienfaits de l’ordre établi par Dieu dans sa création. Fils aînés de l’Église, les Mérovingiens, puis les Carolingiens tentèrent de prolonger Rome, mais leurs succès ne purent s’inscrire dans la durée. Ce fut alors l’émiettement féodal, tandis que l’Église assurait la maintenance du savoir et de la charité.

Puis les Capétiens eurent la sagesse de rassembler peu à peu les régions, les peuples qui avaient entre eux les plus solides affinités. Ainsi, autour du Roi, lieutenant de Dieu sur terre, se forma la France au rythme de l’hérédité. Ce royaume allait-il vivre replié sur lui-même ? Sûrement pas ! Au-dessus des couronnes, rayonnait alors la Chrétienté, cette grande fraternité des peuples baptisés. Les hommes n’étaient certes pas tendres les uns envers les autres, mais tous possédaient le même sens de la parole donnée, respectaient le même code de l’honneur et savaient qu’ils auraient des comptes à rendre devant Dieu. La Chrétienté c’était aussi la soumission à l’ordre naturel, à la sagesse ancestrale reconnue comme le reflet de la sagesse de Dieu. Tout empêchait l’individu de se prendre pour le centre du monde.

L’EXEMPLE DE SAINTE JEANNE D’ARC

Bien sûr, rien n’est parfait ici-bas. Dès 1054, l’Église d’Europe orientale, préférant ses disputes byzantines à la rigueur latine, se sépara de Rome, au risque de se mettre au service des puissances étatiques. En Occident même, dès le XIVe siècle, le nominalisme de Guillaume d’Occam renvoyait l’homme aux lumières de sa conscience individuelle. Puis des théologiens sorbonnards, laïcistes avant la lettre, voulurent tenter de séparer les fins spirituelles des hommes des fins temporelles des États, tandis que d’autres soutenaient la primauté des conciles sur la papauté. Climat d’impatience face aux cadres traditionnels, donc profitable – déjà ! – aux hommes d’affaires qui se mirent à rêver d’une Europe réorganisée selon des visées marchandes. En envahissant la France, en lui arrachant même sa dynastie par l’odieux traité de Troyes, (1420), donc en mettant hors jeu le royaume capétien, l’Angleterre servit fort bien les intérêts des marchands anglo-saxons, mais aussi allemands et bourguignons, qui pourraient ainsi se livrer aux démons de la démesure. La crise était aussi dans l’Église où la hiérarchie se compromettait bien souvent avec ceux qui fabriquaient l’opinion dans un sens hostile à la catholicité romaine. Et pendant ce temps, à l’est, l’islam progressait…

C’est alors que Dieu envoya sainte Jeanne d’Arc, une humble jeune fille ignorant les sophistes de son temps, obéissant d’un même élan à l’ordre divin et aux lois permanentes de la Création. Elle fit tout de suite sacrer à Reims le roi légitime Charles VII, sachant bien qu’en l’absence d’autorité royale, tout effort militaire, social, intellectuel et même religieux risquait de demeurer éphémère. Ce faisant, elle affirma devant toute l’Europe que la légitimité et la souveraineté françaises étaient inaliénables. Et tandis qu’elle restituait aux Français l’héritage qui les faisait être ce qu’ils étaient, elle montrait aux Anglais, fermement mais sans haine, qu’ils avaient intérêt à retourner vivre là où ils pouvaient vivre en paix. Et du même coup, elle donnait le coup de grâce à la supranationalité matérialiste, brandissant contre le cosmopolitisme le véritable universalisme : celui de la Croix, qui ne brise jamais les liens naturels et historiques entre les hommes, mais appelle au contraire les communautés à concourir au bien commun universel.

Jeanne, incarnation du nationalisme français ? La réponse est oui. Certes on ne parlait guère de nation à cette époque (et pas toujours dans son sens actuel), et pas du tout de nationalisme puisqu’en tenait lieu la simple fidélité à la lignée royale, garante de la continuité et de l’identité de la France. Mais justement, en intervenant pour restaurer au nom du Christ la dynastie légitime, Jeanne revivifia le foyer des vraies ententes humaines, cette communauté de destin, cet héritage auquel convient parfaitement le mot de nation (de natus : né). Ainsi la Sainte a-t-elle montré une bonne fois pour toutes – et jusqu’au sacrifice suprême – que se conformer aux lois gardant une nation incorrompue dans son être historique, c’est appliquer le IVe commandement (« Tes père et mère honoreras ») et c’est servir la paix, car celle-ci se fonde sur la justice entre les nations et non sur leur fusion dans des agrégats informes et manipulables.

LUTHER CONTRE LA CHRÉTIENTÉ

Hélas, au XVIe siècle, survint Luther et, avec lui, selon l’expression d’Auguste Comte, « l’insurrection de l’individu contre l’espèce ». Dès lors plus de référence supérieure reconnue par tous ; la conscience pouvait tout réinterpréter ; l’Europe chrétienne était touchée au plus profond de son âme. Ce ne fut pas un progrès. Les nations durent renforcer leurs frontières autant que leur administration intérieure. Pour ne pas laisser le champ libre aux égoïsmes particuliers ou collectifs, elles durent partout fédérer les forces vives et devenir ainsi les éléments irremplaçables d’équilibre, de mesure et d’ordre. L’unité, devenue difficile sur le plan spirituel, devait subsister sur le plan temporel par les nations, lesquelles, d’ailleurs, réalisant la paix intérieure dans une communauté de destin, pouvaient dès lors amplement contribuer au retour de l’unité spirituelle.

C’est ainsi que la France du Roi Très-Chrétien vit au XVIIe siècle des foules de protestants se convertir (hélas pas tous !), tandis que le rayonnement de sa culture manifestait sa vocation à l’universalité. On put même parler d’une Europe de l’esprit, née de l’influence française.

LA CARICATURE RÉVOLUTIONNAIRE DU NATIONALISME

Le coup fatal fut porté par la Révolution de 1789. Le mot nation lui-même fut dénaturé. Il ne s’agit plus, selon l’idéologie libertaire, de communauté scellée par l’Histoire, mais d’une association nouvelle à laquelle on appartient par un acte de simple volonté individuelle. Dès lors l’État, création de la volonté générale souveraine, ne put que s’ériger en absolu, confinant la foi dans le for intérieur de chacun et détruisant les florissantes libertés séculaires des métiers et des provinces, afin que chacun pût « librement » faire coïncider sa volonté avec la mythique volonté générale. L’on vit aussi apparaître la guerre révolutionnaire, qui n’avait plus grand chose de commun avec les querelles traditionnelles des rois pour agrandir leurs domaines : les masses s’y trouvèrent engagées, au nom d’une idéologie à imposer au reste du monde et qui engendrait la haine obligatoire de l’étranger considéré comme l’obstacle à la réalisation du Progrès… Ainsi la Révolution, se réclamant de la « nation », mit-elle pour vingt ans l’Europe à feu et à sang. Plus grave encore : l’idéologie volontariste exportée suscita partout des « nationalismes » d’un nouveau genre, qu’il serait plus juste d’appeler nationalitarismes puisque nés dans le mépris de l’Histoire, fondés uniquement sur la volonté des individus, sur l’idée de contrat passé entre gens « libres et égaux » voulant vivre ensemble et se suffire à eux-mêmes. Ces « nations » créées artificiellement, disloquant de vastes ensembles aux bienfaits séculaires (pensons à l’empire austro-hongrois), devinrent autant de foyers d’instabilité dans le monde ; les guerres de 1914-18 et 1939-45 en sortirent.

Or il n’y a aucune différence de nature entre cette conception exacerbée de la nation et l’abandon national actuel. Le glissement est même fatal : dès lors que la nation ne repose que sur la volonté des individus, elle est condamnée à tous les ébranlements et n’est plus rien d’autre que ce que les majorités veulent bien qu’elle soit. D’où l’idée que, pour ne plus revoir les guerres atroces que l’on a connues, il faudrait non point renoncer à l’idéologie de 1789, mais faire de chacun un « citoyen du monde » en imposant partout la « philosophie » des Droits de l’Homme. Ainsi égaliserait-on toutes les sociétés, obligeant les plus enracinées dans l’Histoire à apostasier pour se mouler sur le même type de démocratie et de technocratie que celles qui viennent tout juste de sortir de la barbarie. On croit ainsi servir la paix… En étouffant la civilisation !

LA VOIX DE L’ÉGLISE

Il faut revenir aujourd’hui au vrai nationalisme, et non à sa caricature jacobine, laïque et agressive – cette caricature que des gens ignorants ou mal intentionnés affectent de confondre avec le vrai. Une précision s’impose ici : Pie XI et Pie XII n’ont jamais condamné le nationalisme en tant que tel, mais seulement les hypertrophies qui le dénaturent. Ainsi, dans l’encyclique Urbi arcano Dei (23 décembre 1922), Pie XI a dénoncé le « nationalisme déréglé ». De même, dans son message de Noël 1954, Pie XII a distingué d’une part « la vie nationale », « droit et honneur d’un peuple », « ensemble de toutes les valeurs de civilisation qui sont propres à un groupe déterminé, constituant le lien de son unité spirituelle », « contribution propre qui enrichit la culture de toute l’humanité » (c’est ce que défend le nationalisme), et d’autre part l’exploitation de la nationalité : « La vie nationale n’est devenue un principe de dissolution de la communauté des peuples que lorsqu’elle a commencé à être employée comme moyen pour des fins politiques, c’est-à-dire quand l’État dominateur et centralisateur fait de la nationalité la base de sa force d’expansion » (voilà le nationalitarisme jacobin).

Le nationalisme français, dont la plus pure expression a été donnée par Charles Maurras, est en parfait accord avec la tradition catholique. Quand en 1939 furent levées par Pie XII les sanctions ayant frappé l’Action française, aucune rétractation ne fut demandée à Maurras sur la doctrine de son nationalisme. Car celle-ci s’oppose nettement à l’État érigé en absolu. L’État doit être remis à sa place de serviteur du bien commun, de fédérateur des forces vives, de garant de la continuité nationale, et c’est pourquoi sa forme la plus parfaite en France, le « nationalisme intégral » (selon Maurras), est la monarchie, ce fait de paternité et d’autorité, donc d’amour, qui manifeste pleinement que la nation est un héritage. L’État nationaliste français est inconcevable sans le respect des diversités régionales et des libertés professionnelles, ces « républiques » dont l’harmonisation constitue le « pays réel ». Enfin cet État résolument décentralisateur rendrait à l’Église entière liberté de culte et d’enseignement ; cela va de soi dans un pays dont l’âme a été façonnée par la foi catholique hors de laquelle il est vain de chercher un ordre véritable des intelligences et des cœurs.

NATIONALISME ET PATRIOTISME

On peut se demander ici ce qui distingue nationalisme et patriotisme. Lisons Maurras : « Patriotisme s’est toujours dit de la piété envers le sol national, la terre des ancêtres et, par extension naturelle, le territoire historique d’un peuple. » « Nationalisme s’applique, plutôt qu’à la terre des pères, aux pères eux-mêmes, à leur sang, à leurs œuvres, à leur héritage moral et spirituel, plus encore que matériel. Le nationalisme est la sauvegarde due à tous ces trésors qui peuvent être menacés sans qu’une armée étrangère ait passé la frontière, sans que le territoire soit physiquement envahi. »

Donc le nationalisme ne remplace pas le patriotisme, il le renforce même en le réenracinant dans le terroir familier des provinces à faire revivre, mais il le dépasse. Par exemple, lorsque sainte Jeanne d’Arc boutait les Anglais hors de France, elle agissait par patriotisme ; mais sa mission était bien plus élevée : elle consistait à rendre au pays les moyens de renouer avec le meilleur de ses traditions. Là est le nationalisme.

LA « SEULE INTERNATIONALE QUI TIENNE »

Osons maintenant l’affirmer : les nations historiques – et en premier lieu la France – fidèles à elles-mêmes, ont une mission de paix, parce que, riches d’une expérience millénaire et du sens de la mesure, nourries de l’Antiquité latine, héritières de tant de saints et de martyrs, elles sont porteuses de valeurs universelles, celles de la foi catholique, « la seule internationale qui tienne », disait Maurras.

Comme l’écrivait ce dernier à Pierre Boutang en février 1951 : « Nous bâtissons l’arche nouvelle, catholique, classique, hiérarchique, humaine, où les idées ne seront plus des mots en l’air, ni les institutions des leurres inconsistants, ni les lois des brigandages, les administrations des pilleries et des gabegies, où revivra ce qui mérite de revivre, en bas les républiques, en haut la royauté et, par-delà les espaces, la Papauté. »

Agir autrement, n’est-ce pas bâtir sur le sable ?

Michel FROMENTOUX.


Aux morts de février

       AUX MORTS DE FÉVRIER

Les derniers coups de feu continuent de briller

Dans le jour indistinct où sont tombés les nôtres.

Sur onze ans de retard, serai-je donc des vôtres ?

Je pense à vous ce soir, ô morts de Février.

                                                  5 février 1945

                                          Robert Brasillach

 

 

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5 février 2000 : mort de Claude Autant-Lara

Claude Autant nait le 5 août 1901 à Luzarches dans le Val-d’Oise.

Fils de l’architecte Édouard Autant et de la comédienne Louise Lara, sociétaire de la Comédie-Française.

 

Claude Autant-Lara suit sa scolarité au lycée Janson-de-Sailly et découvre rapidement le cinéma, une véritable révélation.

Renvoyé du lycée en 1915, il part en Angleterre dans un collège à la discipline sévère et revient pour s’inscrire à l’École des arts décoratifs où il se lie d’amitié avec le futur comédien Julien Carette.

 

il est engagé par Marcel L’Herbier, en 1920, comme assistant-réalisateur et décorateur pour le film L’Homme du large d’après Honoré de Balzac. En 1923, L’Herbier produit le premier court-métrage d’Autant-Lara, Faits-divers, dans lequel ce dernier dirige sa mère.

 

En 1949, il adapte à l’écran la pièce de Feydeau, Occupe-toi d’Amélie, qu’il considérera comme son film préféré. Puis il enchaîne les comédies sombres et les aventures douces-amères comme L’Auberge rouge (Fernandel) en 1951, La Traversée de Paris (Jean Gabin, Bourvil et Louis de Funès) en 1956, La Jument Verte (Bourvil), inspirés de Marcel Aymé, et En cas de malheur (Jean Gabin et Brigitte Bardot) en 1959, d’après Simenon.

 

 

Son adaptation du roman de Stendhal, Le Rouge et le Noir, en 1954, lui vaut de violentes critiques des futurs cinéastes de la Nouvelle Vague, qui lui reprochent d’incarner un cinéma dépassé. Dans un article publié dans les Cahiers du cinéma, le jeune critique François Truffaut s’en prend à ce symbole d’« une certaine tendance du cinéma français », dont les conceptions artistiques relèvent selon lui d’un autre âge. En réaction, Autant-Lara critiquera invariablement l’ensemble du mouvement de la Nouvelle Vague.

 

Il tourne encore une quinzaine de films avant de cesser ses activités de réalisateur dans les années 1970.

 

Il publie alors plusieurs livres de souvenirs, des recueils de discours et des pamphlets comme Télé-Mafia, Les fourgons du malheur ou Le Coq et le Rat. Ses mémoires, intitulés La Rage dans le cœur et publiés en 1984, témoignent de son amertume.

 

Le 8 mai 1989, il déjeune avec Jean-Marie Le Pen et annonce qu’il se présente avec le Front national aux élections européennes.

 

Le 18 juin 1989il est élu au Parlement européen sur la liste du Front national.

 

Doyen d’âge de la nouvelle assemblée, il préside la session inaugurale, en juillet 1989. Il prononcé un discours où il exprime notamment ses « inquiétudes face à la menace culturelle américaine ». La quasi-totalité des députés sortit de l’hémicycle afin de ne pas assister au discours d’un élu du Front national.

 

Piégé par une journaliste, des propos tenus en privé, sont reproduits par le mensuel Globe en septembre 1989, disant au sujet de Simone Veil : « Que vous le vouliez ou non, elle fait partie d’une ethnie politique qui essaie de s’implanter et de dominer… Oh elle joue de la mandoline avec ça [les camps de concentration]. Mais elle en est revenue, hein ? Et elle se porte bien… Bon alors quand on me parle de génocide, je dis, en tout cas, ils ont raté la mère Veil ! ».

 

Le garde des Sceaux d’alors, Pierre Arpaillange, fit engager des poursuites pour « injures raciales, diffamation raciale et incitation à la haine raciale. » Claude Autant-Lara fut relaxé, mais l’ampleur du scandale suscité par ses propos l’amena à démissionner de son mandat de député européen.


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En outre, les membres de l’Académie des beaux-arts, dont il était vice-président pour l’année, lui demandèrent de ne plus siéger parmi eux. Il fut remplacé, à sa mort, par le cinéaste Francis Girod.

 

Claude Autant-Lara meurt à 99 ans, le 05 Février 2000 à Antibes. Son corps repose au cimetière de Montmartre.

Militant n° 667

Militant n° 667 de janvier 2015 est paru.

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L’Amérique, mère de la religion de la Shoah par Hannibal

L’Amérique est la mère de la religion de la Shoah.

Les pères de celle-ci sont nombreux comme les poils de la barbe du sage. Robert Faurisson a tort, l’Etat d’Israël n’est ni l’instigateur ni le principal bénéficiaire de la chose, tout le monde en a croqué depuis le 2 février 1945, jour entre tous mémorable où la Pravda révéla que les nazis avaient exterminé les juifs à Auschwitz dans d’immenses abattoirs “électriques”. Le reporter qui relatait cela, Boris Polevoï, était juif, mais ce n’est pas une raison suffisante pour mettre sa parole en doute ni voir dans ses propos un complot juif. Qu’il ait eu lieu au moyen d’eau bouillante, de monoxyde de carbone, de Zyklon B (le regretté François Nourissier, sans doute obsédé par les faux bijoux, écrivait Zyrkon B dans l’un de ses derniers livres), ou encore plus simplement en jetant les bébés dans des brasiers allumés à même la nappe phréatique, comme nous en assure l’incomparable Elie Wiesel (loué soit son saint nom), le résultat de l’“holocauste” est là, prévisible, prévu, souhaitable, souhaité : ce ne sont pas seulement, ce ne sont pas d’abord les crimes de Tsahal ou du groupe Stern qui sont justifiés, c’est ceux du communisme international et de l’Union soviétique, de l’aviation anglaise, de l’aviation américaine, c’est l’abandon de l’Europe centrale, ce sont les alliances contre-nature de la politique d’après-guerre et la soumission aux Etats-Unis, etc., y compris les crimes des mouvements de décolonisation, etc., c’est aujourd’hui le mondialisme. Comparé au mal absolu symbolisé par la Shoah, tout est bon, etla grande alliance contre Hitler fonde à jamais la démocratie, c’est encore vrai aujourd’hui en Irak, en Syrie et à Charlie. On voit donc combien sont nombreux les pères fondateurs complices, les exploitants synergiques du crime unique, les pères de cette contre-église qui ne se limite pas à l’Euramérique mais tend à devenir universelle. Cela n’empêche pas que la part juive (pas seulement sioniste) de ce conglomérat soit importante, bien sûr, et bien naturellement. En particulier les “rescapés”, ou réels ou prétendus, ont joué un rôle important.

 

Suite de l’article d’Hannibal dans Rivarol n° 3174 du 5 février 2015

Site du journal  Rivarol

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