18 juillet 1997 : mort de Léon Gaultier

Léon Gaultier est né le 1er février 1915 à Bourges.


Militant nationaliste, membre du PPF depuis sa création, il est aussi professeur d’histoire, de philosophie et de lettre.

 

Il intègre Saint Cyr en août 1939 et en sort avec le grade de lieutenant, assigné au 17ème bataillon de chasseurs alpins avec lequel il sert lors de la campagne de mai/juin 40. 

 

En 1941, Léon Gaultier entre au cabinet de Paul Marion et travaille au ministère à l’information et à la propagande.

 

En 1943 il intègre la Milice française et fait partie de la dizaine de chefs miliciens qui se sont engagé sur ordre dans la Waffen, le 18 octobre 1943.

 

Après Senheim, il fait partie de la promotion de Bad Tölz et en sort le 4 mars 1944 avec le grade d’Untersturmfuhrer.

 

Il est gravement blessé le 10 août 1944 durant le 1er engagement de sa compagnie en Galicie.

 

Condamné en 1946 à 10 ans de prison, il est libéré le 2 juin 1948. Il devient directeur des relations publics pour l’agence Havas jusqu’en 1958, puis Directeur du Syndicat des grossistes en produits alimentaires.

 

En 1963 il est un des cofondateurs de la SERP avec Jean-Marie Le Pen, Philippe Marçais et Pierre Durand.

 

En 1972, il compte parmi les membres fondateurs du conseil national du Front national, sans avoir de responsabilité particulière. Après avoir milité quelques années au FN, Gaultier écrit épisodiquement dans Rivarol, Il est progressivement écarté du cercle des amis de Jean-Marie Le Pen au début des années 1980 par les sionistes nommés à la direction par l’équipe de Jean-Pierre Stirbois.

 

Par la suite, il se consacre notamment à l’écriture de mémoires et de souvenirs, revenant sur son passé dans « Siegfried et le Berrichon », Ed. Perrin, 1991.

Présent le 20 avril 1991 à la Maison des mines à Paris,pour la  réunion d’hommage organisée par l’association Les Amis de Saint-Loup, il sera blésé durant l’attaque organisé par des milices juives (agression dont Libération du 22 avril 1991 sous la signature d’Alain Léauthier se félicita).

 

Il décède le 18 juillet 1997.



Militant n° 672

Le Militant n° 672 de juin  2015 est paru.

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Militant n° 671

Le Militant n° 671 de mai  2015 est paru.

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Marinisme extrémiste : un cadre du néo-FN arrêté pour incendies criminels

Le néo-FN a pris pour habitude de créer des polémiques artificielles, notamment quand il s’agit de virer tous les indésirables, trop patriotes, trop honnêtes, trop catholiques ou trop hétérosexuels. L’énarque républicain Florian Philippot et le franc-maçon antiraciste Gilbert Collard ont ainsi été à l’origine de la polémique qui a coûté son poste de président d’honneur à Jean-Marie Le Pen.

C’est peut-être ces pratiques de manipulation de la réalité, dignes de la Russie de 1937, qui ont inspiré le responsable départemental du FN de Seine-et-Marne Adrien Desport. Activiste du groupuscule Souveraineté, indépendance et libertés (SIL dit SIEL) de l’étranger Karim Ouchik et du Rassemblement bleu marine (RBM) du franc-maçon Gilbert Collard, il a été arrêté, accusé d’avoir incendié treize voitures à Mitry-Mory pour faire monter l’insécurité et d’avoir inventé une agression à la veille des élections départementales. Il avait utilisé ces faits pour alimenter sa campagne électorale. Trois autres personnes ont été interpellées dans cette affaire.

 

Adrien Desport avec Marine Le Pen

Adrien Desport avec Marine Le Pen

 

Lors des perquisitions, les enquêteurs ont affirmé avoir saisi de la cocaïne ainsi que du matériel destiné à se faire passer pour la police (gyrophare et menottes notamment). Comme aux heures les plus sombres de son histoire, c’est le parti d’extrême droite lui-même qui a dénoncé son cadre, qui n’a été jusqu’ici que suspendu. Les policiers n’ayant pas retrouvé de collection de godemichés, il pourrait cependant être rapidement exclu.

Les quatre frontistes pourraient être jugés, selon leur implication, pour destruction volontaire par incendie en bande organisée, dégradation volontaire de biens privés et dénonciation de délit imaginaire. Le parquet a obtenu le placement en détention d’Adrien Desport dans l’attente de son jugement. Ses trois complices présumés ont été placés sous contrôle judiciaire.

 

 

Adrien Desport posant devant un drapeau du traître De Gaulle

Adrien Desport posant devant un drapeau du traître De Gaulle 

Jeune Nation : https://sitejeunenation.wordpress.com/2015/06/11/515-marinisme-extremiste-un-cadre-du-neo-fn-arrete-pour-incendies-criminels/

 

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Militant n° 670

Le Militant n° 670 d’avril  2015 est paru.


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Laura Lussaud: Lettre ouverte à Jean-Marie Le Pen

       Cher Président,

    Le 17 janvier 2012 j’ai reçu une lettre recommandée de notre présidente me signifiant mon exclusion pour ma dite  appartenance aux Jeunesses Nationalistes. En effet, le 14 janvier dernier j’ai participé à la manifestation organisée par Alexandre Gabriac en hommage à ceux qui sont tombés en Afghanistan. Vous ne pouvez pas, comme moi, avoir été insensible à ces dizaines de soldats français sacrifiés pour des intérêts qui ne sont pas ceux de la France.

     Je me permets aujourd’hui de vous écrire cette lettre ouverte comme un cri du cœur car je pense que mon exclusion a été brutale, excessive et injuste. Je n’ai eu aucun appel, aucune lettre et j’étais loin d’être la seule membre du Front National présente à cette manifestation. Je n’ai même pas eu le droit à une commission de discipline, après 9 ans d’adhésion, ce qui est contraire aux usages du mouvement.

     La première fois que j’ai été en contact avec vous j’avais 2 ans, je vous portais les fleurs à la fin d’un de vos meetings à Nantes. Ma première adhésion au Front National date de 2003, j’avais 13 ans. Depuis lors, je milite activement et j’ai pris des responsabilités dès que l’on m’en a jugée digne, c’est-à-dire en 2005, à l’âge de 15 ans. J’ai été responsable départementale FNJ de Loire-Atlantique. J’ai fait votre campagne présidentielle en 2007 dans l’équipe des Jeunes avec Le Pen. Suite au congrès de Bordeaux, je suis élue membre du comité central à l’âge de 17 ans, soit la plus jeune élue à ce jour. Par la suite, j’ai été responsable régionale de Pays de la Loire et de Bretagne et membre de la coordination nationale du FNJ durant 3 ans. Au dernier congrès, j’ai été réélue au comité central à la 48ème position.

      Lors du congrès, d’abord soutien de Marine Le Pen j’ai décidé de soutenir Bruno Gollnisch pour dénoncer l’attitude de l’équipe mariniste, dont David Rachline qui s’employait quelques mois avant l’échéance à purger les éléments pro Gollnisch du FNJ. J’ai en effet toujours été attachée au rassemblement et à l’unité du mouvement. Mais après le congrès les purges ont continué ; purges concernant essentiellement des soutiens de Bruno Gollnisch.

      Si je vous écris cette lettre c’est parce que je vous dois des explications. Parce qu’étant au Front depuis toute petite et ayant vécu la scission je ne supporte pas les traitres, tout comme vous. Je vous écris pour vous dire que je pense être restée fidèle à mes idées. Aux idées que je vous vois défendre depuis toujours. Oui, je pense vous être restée fidèle.

     Tout comme moi Alexandre Gabriac était adhérent depuis ses 13 ans, nous avons milité ensemble au FNJ pendant des années et vous savez aussi bien que moi que c’est un bon militant, un nationaliste sincère et dévoué. Etant viré du Front, ce que vous avez dénoncé d’ailleurs, il n’est pas de ceux qui restent sans rien faire. Le nouveau FNJ, préférant les jeunes sarkosystes aux fidèles Lepénistes, est devenu un repoussoir pour nous les révolutionnaires. Le FNJ était un mouvement de jeunesse fier de son chef, basé sur le militantisme, l’amitié, la formation doctrinale. A écouter le nouveau secrétaire général Steve Briois, il ne faut pas rester sur le combat des idées, il faudrait sourire à l’électeur pour avoir sa voix. Il ne faut plus se concentrer sur le travail de terrain mais faire confiance à nos chers médias pour nous aider à prendre le pouvoir.

    Alors oui, je n’ai pas été disciplinée face à la nouvelle direction du FNJ. Oui, j’ai préféré rester lepéniste plutôt que de devenir mariniste parce que je ne supporte pas l’idée que de petits arrivistes viennent aujourd’hui expliquer à des militants de longue date ce qu’est ou ce que doit être le Front. Je ne supporte pas l’idée que l’on fasse peu à peu disparaitre la flamme, que l’on surveille vos interventions, que l’on veille à ce que vous ne « dérapiez » pas ou que l’on censure certains de vos propos dans le journal de bord. Oui, je pense que le Front National existe encore aujourd’hui grâce à des adhérents dévoués, des gens de valeurs qui défendent un idéal et s’y tiennent. Des militants de terrains qui ont tenu le mouvement à bout de bras au moment des échecs électoraux. Des gens qui aujourd’hui se voient dicter une ligne de conduite bien différente et de plus en plus aberrante par des ralliés de dernière minute ou des traitres responsables de la scission de 1998 et qui reviennent du MNR pour nous donner des leçons de fidélité…

     Que les choses soient claires, je soutiens la candidature de Marine Le Pen aux élections présidentielles de 2012, mais je m’interroge sur l’avenir de notre mouvement lorsque je vois que l’on vire comme des chiens des militants qui étaient là depuis 20 ans, soit disant « nostalgiques », parce qu’ils ne correspondent pas à la nouvelle politique de dédiabolisation, parce qu’ils refusent de rompre des amitiés avec certains que le nouveau club de Marine Le Pen a désigné comme indignes de la carte d’adhérent ou encore parce que l’on se rend à une manifestation qui n’est pas organisée par le Front National. Faudrait-il pratiquer le repentir comme les autres ou se laisser broyer par le jeu du politiquement correct sans que cela n’aide en rien puisque nous sommes un parti protestataire. M’aurait on exclue si j’avais été à une manifestation de la Gay Pride ou organisée par les jeunesses identitaires ? Je suis moi aussi nostalgique du temps où le FN était réellement un front et non un parti à pensée unique qui vire le moindre individu qui risquerait de rappeler ce que sont les racines du Front National. Aujourd’hui, je comprends la démission de Roger Holeindre.

     Depuis petite, je garde en mémoire l’une de vos citations : « Si tu veux que ton sillon soit droit, accroche ta charrue aux étoiles ! ». Vous avez été l’une de mes étoiles, celle qui m’a permis de commencer à tracer mon sillon et je tiens aujourd’hui à vous en remercier. Mon sillon est resté droit et je pense, contrairement à M.Briois, que le combat des idées est important. Le Front National est un outil, c’était jusqu’il y a peu le meilleur pour moi. Il y a aujourd’hui un potentiel considérable qui ne demande qu’à être exploité. Il y a en France une jeunesse révoltée qui refuse d’être étrangère dans son propre pays et qui ne demande qu’à s’exprimer. Si le nouveau FNJ a peur de cette jeunesse et de ses débordements tant pis. Et puisque de toute évidence, sous prétexte de potentiel électoral on en perd son âme et ses racines je ne demande pas à ce que mon cas soit réétudié. Puisque le Front National ne veut plus de moi je me sépare avec regrets de cette carte que j’avais depuis 9 ans.

       Je n’étais membre d’aucune autre formation politique que le Front National jusqu’à mon exclusion. J’étais en revanche à chaque manifestation qui défendait nos valeurs parce que c’est ici que préfère s’exprimer la jeunesse et non dans les urnes. Le combat de demain se fera dans la rue, parce que c’est ce qui nous appartient, ce qui nous a été pris en partie et ce que l’on doit récupérer. Je rejoins dès à présent les Jeunesses Nationalistes. Les petits agités qui m’ont « débusquée » seront ravis, ils doivent avoir du temps à perdre en commérages puisqu’ils préfèrent surveiller les militantes et militants sur les réseaux sociaux que de chercher des signatures de maires alors que Marine en a moins de 300…

     Mon intention n’est pas de donner quelque leçon que ce soit ou de régler des comptes par amertume ou colère. Je tenais à pouvoir vous dire, Monsieur le Président, que je trouve injuste d’avoir été exclue sans avoir pu m’expliquer. Malgré tout ce que l’on peut dire de moi je vous suis restée fidèle, je le pense sincèrement. Je tenais via cette lettre à vous dire combien je vous suis reconnaissante parce que ce sont vos discours qui ont éveillé chez moi une conscience politique et cette envie de militer. Vous resterez pour moi un grand homme. Un homme qui aura essayé de rassembler tous les nationaux et patriotes amoureux de la France et de son histoire.

     Malgré mon orgueil, c’est en fille reniée par sa famille que je vous supplie aujourd’hui, vous mon président,  de croire en ma sincérité. Quoi que m’en coute ce combat je resterai fidèle à mon devoir d’amour et de service envers mon pays.
Avec mon plus grand respect et mes sentiments les plus nationaux.                     

                                              Laura LUSSAUD

 

   Congres de Bordeaux, 18 novembre 2007

 

  1er mai 2010, place des Pyramides

 

 

     Relire au sujet de cette exclusion: CRUCIFIÉE POUR AVOIR PORTÉ UNE CROIX

José Antonio Primo de Rivera, chantre de la jeunesse par Pierre Sidos

Nous sommes en janvier 1936, à Paris, rue de Bucarest, dans le Ville arrondissement, où se trouve alors le siège central du Parti Franciste, la «Maison bleue ». Son chef, Marcel Bucard, reçoit José Antonio Primo de Rivera, qui tient à lui remettre son propre insigne de chef de la Phalange espagnole, les cinq flèches et le joug marqué des initiales JONS.

En échange le fondateur du francisme lui offrira son emblème personnel de boutonnière, à l’image de celui qu’arboraient les militants à chemise bleu-ciel, c’est-à-dire la réunion d’un épi de blé, d’une roue dentée, surmonté d’une francisque symbolisant l’union du paysan, de l’ouvrier et du soldat. Rencontre inconnue ou mal connue attestée par un écho signé par la direction de l’hebdomadaire Le Franciste, en septembre 1936, intitulé « hommage émouvant », qui est illustré par la reproduction l’insigne de de la Phalange remis quelques mois auparavant par Jose Antonio, et dont le texte dit notamment : «Nous sommes, hélas sans nouvelles sur le sort qui lui est réservé (..). À nouveau, sous lui adressons à lui, à ses compagnons, à ses amis (..) l’hommage ému de notre affection et de notre admiration. Nous saluons leurs grands morts, tombés en martyrs au service de leur foi ».

Il convient d’indiquer que la création du francisme est du 29 septembre 1933, que celle de la Phalange est du 29 octobre 1933, soit exactement un mois d’écart, alors que l’année de leur rencontre, en son début, sera suivie de la mise hors la loi de la Phalange en Espagne, au mois de mars, et de celle du Parti Franciste en France, au mois de juin. Ce mois de juin verra le transfert de José Antonio de la prison de Madrid à celle d’Alicante.

L’inspiration fasciste de ces deux mouvements est incontestable et même revendiquée par eux particulièrement, hormis parfois pour des problèmes d’opportunité psychologique ou juridique.   

Ce fascisme-là associant le social et le national, conciliant l’État et la religion, alliant la politique et l’esthétique, rassemblera une jeunesse ardente, d’accord pour répudier la loi du nombre, le règne de l’argent, l’idéologie du progrès.

C’était une conception sociale hiérarchique, favorable à l’enracinement et à l’unanimité, hostile à la subversion et à l’inversion. Elle visait à établir dans les différents pays d’Europe une forme de gouvernement sans précédent, bien qu’étant au fond l’expression renouvelée d’un pouvoir temporel chrétien non clérical.

A priori, le style de vie préconisé requérait de la part de ses adeptes, francistes en France et phalangistes en Espagne, un grand dévouement, une parfaite probité, une indiscutable compétence, en plus d’un ardent patriotisme national et un souci constant d’équité sociale.

La profonde originalité de José Antonio, vis-à-vis des différents mouvements européens de même inspiration et de leurs dirigeants de l’entre-deux guerres, c’est le mélange d’extrême rigueur doctrinal et de poésie, qui caractérise sa pensée et son action, lui assurant une survivance, car la poésie est peut-être plus accessible que le raisonnement systématique, lequel ne peut se suffire à lui-même, provoquant l’apostrophe de Maurice Barrès dans une correspondance à Charles Maurras : «Je crains que vous ne formiez de durs petits esprits ».

Il faut de la splendeur à la vérité, des hauts lieux symboliques, des points de ferveur, un certain lyrisme, même parfois un «pessimisme enthousiaste» selon la formule phalangiste, qui déroge certes de la mise en équation des programmes et autres catalogues des partis de droite comme de gauche, ou autres cercles « intellos ».

Lorsque José Antonio parlait au Théâtre de la Comédie, à Madrid, pour la fondation de la Phalange, d’un «mouvement poétique », ce n’était pas un effet de style oratoire. Il tenait à ce que le mouvement répondît à certains critères esthétiques, répudiant tout penchant pour l’abstraction. José Antonio avait une profonde antipathie pour ceux des hommes politiques qui, ne comprenant que les chiffres, jamais ne comprennent un poème.

Par ses écrits, ses discours, par les exemples qu’il a donnés dans sa vie privée et publique, il a réussi à magnifier la politique en mystique. Et cette mystique, qui est de la poésie en action, a auréolé ses disciples et pérennisé ses idées.

José Antonio est le chantre de la jeunesse de l’Europe, de l’Europe qui, pour lui et pour nous, n’est pas seulement un continent, mais une civilisation commune, constituée et portée par des nations historiques, chacune étant une unité de destin particulier dans l’universel.

Chantre par extension signifie poète, ainsi le chantre d’Achille, c’est Homère.

Il n’est question aujourd’hui que du réchauffement de la planète alors que par la domination des chiffres sur les lettres c’est plutôt de la glacification de l’humanité qu’on a tout à craindre.

José Antonio, fusillé le 20 novembre 1936, n’est pas mort. La preuve, c’est qu’à l’évocation de son nom, il est répondu « Présent ! ». Certes, enterré sommairement après sa mise à mort, il fut inhumé dans un mausolée à Alicante, puis, après la translation solennelle de ses cendres de la côte méditerranéenne au monastère-nécropole des souverains d’Espagne, à l’Escurial, aux environs de Madrid. Il trouva enfin sa sépulture définitive au pied du maître-autel de la basilique de la Vallée de los Caïdos, en 1959, lors de l’inauguration de cette œuvre souterraine grandiose qui exigea l’extraction de quatre cents millions de mètres cubes de rocher et dont la partie extérieure est dominée par une croix gigantesque de cent-cinquante mètres de hauteur.

L’hymne de la phalange : Cara el sol (Face au soleil)

« La Baleine qui rie» était un café littéraire situé dans le sous-sol du café de Lyon, rue d’Alcala, en face de la porte monumentale, à Madrid.

À partir du moment où José Antonio fréquente le lieu, il devient le conservatoire académique de la Phalange, s’activant très tard dans la nuit.

« Et l’hymne ? » s’écriait José Antonio toutes les nuits qu’il se rendait à « La Baleine qui rie ».

Quand avons-nous un hymne ? Il en rêvait chaque heure du jour. Et il expliquait à ses camarades réunis le soir : « Ce doit être une chanson d’amour et de guerre. Le phalangiste dit adieu en pleine clarté, à la femme qu’il aime, il s’en va avec la chemise bleue quelle lui a brodée pour le combat. Il pense à la mort gaiement, car le phalangiste ne meurt jamais ; car le phalangiste tombé reparaît à la place d’honneur, qui est au ciel pour les braves. Là-haut il montera sa garde, auprès de ceux qui sont tombés comme lui, ou qui tomberont encore, et il assistera, extatique, au glorieux labeur des siens. Il part pour la guerre et porte dans son âme la plus sûre des prophéties : le retour des couleurs victorieuses dans le printemps splendide qu’attend notre terre espagnole, qu’attendent le vent et la mer (…). S’il revient, les cinq flèches rouges de sa poitrine auront fleuri en cinq roses pour son aimée : la rose de la Foi, la rose du Sacrifice, la rose de la Vaillance, la ose de la Paix et la rose de l’Espagne. Il faut que ce soit une chanson de guerre et d’amour, notre chanson. Mais aussi une ballade le l’adieu, après lequel les uns reviendront et les autres présenteront les armes au mystère ».

C’est exactement l’hymne qui fut réalisé. Sans connaître précisément l’auteur.

La musique est attribuée à Juan Telleria, les paroles entre autres Augustin de Foxa, José Maria Alfaro, Jacinto Miquelarena, mais l’âme de la chanson, la mélodie et la poésie sont de José Antonio, avec pour titre Cara el Sol: « Face au soleil ».

Le soleil, symbole de la vie, de la chaleur, du jour, de la lumière, de l’autorité et de tout ce qui rayonne.

Phébus était pour les Latins le surnom d’Apollon, dieu soleil. Dans les textes celtiques, le soleil sert à caractériser tout ce qui est beau, aimable, splendide.

Pour l’Écriture sainte : « le soleil de justice », c’est Dieu et plus particulièrement Jésus-Christ.

Lors de la période contemporaine, son adaptation stylisée, appliquée au domaine politique porte le nom de croix celtique.

Les paroles du Cara el sol évoquent et mettent en mémoire celles du chant de l’amour et de la mort du cornette Christophe Rilke, qui combattit les Turcs envahisseurs de l’Europe au XVIIe siècle, et pour qui son descendant Rainer Maria Rilke écrivit, au début du XXe siècle, un récit où il lui fait dire : «Ma bonne mère, soyez fière, je porte le drapeau. Aimez-moi bien, je porte le drapeau… ».

À noter également, dans le même registre, les paroles du poème Le cœur du Hialmar, de Leconte de Lisle, narration de la mort d’un jeune guerrier scandinave des temps anciens, demandant à un oiseau sacré de percer sa poitrine, d’y prendre son cœur pour le porter à sa fiancée :

«Moi, je meurs. Mon esprit coule par vingt blessures.

J’ai fait mon temps. Buvez, ô loups mon sang vermeil.

Jeune, brave, riant, libre et sans flétrissures,

Je vais m’asseoir parmi les dieux, dans le soleil ! »

L’on voit la concordance de la pensée josé-antonienne avec des exemples pris dans la poésie héroïque européenne.

Cara el sol est né en décembre 1935, peu de temps avant les événements décisifs au cours desquels il connut une notoriété fulgurante et bienfaisante dans le camp nationaliste.

Maintenant, je tiens à révéler un fait peu connu du cheminement de la quête de poésie de la mystique josé-antonienne en Europe.

Moins d’une dizaine d’années après l’apparition du Cara el sol, à la suite de la Seconde guerre mondiale, deux mille jeunes nationalistes français étaient concentrés comme prisonniers politiques au camp du Struthof, en Alsace, près de Strasbourg.

J’étais l’un d’entre eux. Affamés et transis, sans nouvelles de l’extérieur, presque sans possibilités de lecture, certains trouvèrent une échappatoire, qu’ils communiquèrent aux autres, dans l’évocation de la guerre d’Espagne, en rappelant que Robert Brasillach avait justement écrit dans les Sept couleurs : « Les hommes de ce temps auront trouvé en Espagne le lieu de toutes les audaces, de toutes les grandeurs et de toutes les espérances ». Sur l’air du Cara el sol, ils avaient imaginé des paroles en langue française, auxquelles ils donnèrent le titre de Chanson de José Antonio, hymne de la jeunesse européenne, dont je vous livre la conclusion à l’occasion de ce centenaire du chantre de la jeunesse européenne : «En avant, compagnons d’infortune, la Patrie par nous restera Une. Le drapeau que nous servons, sortira de son oubli, et quand le printemps refleurira, il flottera épanoui ».       

                                                                                      Pierre Sidos

24 avril 1903 : naissance de Jose-Antonio Primo de Rivera

    José Antonio Primo de Rivera y Saénz de Heredia est né à Madrid le 24 avril 1903, mais ses racines familiales sont en Andalousie, plus précisément dans les terres de Jerez de la Frontera (Province de Cádiz). Il est l’aîné de cinq enfants qui, très tôt, perdront leur mère en 1908. Bien que sa famille soit de tradition militaire, il choisit la profession d’avocat après avoir étudié le droit à l’Université Centrale de Madrid, où il obtient sa licence en 1922.

    Fils du général Miguel Primo de Rivera, dictateur qui gouverne l’Espagne de 1923 à 1930, il demeure résolument à l’écart de toute activité politique jusqu’au décès de son père. Celui-ci meurt en exil, à Paris, quelques semaines après avoir renoncé à sa charge. José Antonio hérite de lui le titre de marquis d’Estella. Dans le seul but de défendre la mémoire de son père, durement attaquée par ses adversaires après sa mort, il adhère à l’Union Monarchique Nationale, une organisation politique dont la vie est éphémère. Le respect filial conduit José Antonio à présenter sa candidature aux Cortés, à Madrid en 1931. Après avoir subi un échec, ses interventions publiques, pour revendiquer l’action de son père, se limitent à des plaidoiries dans une série de procès. En 1932, il est soupçonné d’avoir collaboré au soulèvement du général Sanjurjo. Arrêté, il est finalement relâché faute d’éléments à charge.

    Son rejet des vieilles formules politiciennes l’amène à s’intéresser au phénomène fasciste. Il participe, en 1933, au seul numéro du journal El Fascio. Il y publie un article préconisant un nouveau modèle d’État social. Peu de temps après, avec le prestigieux aviateur Julio Ruiz de Alda, il fonde le Mouvement Espagnol Syndicaliste (MES). Son organisation entre immédiatement en contact avec plusieurs membres du Front Espagnol (FE), groupement qui a été créé par des disciples du philosophe José Ortega y Gasset. Le projet politique de José Antonio mûrit peu à peu au cours des mois suivants. Il est finalement présenté au public à l’occasion d’un meeting au Théâtre de la Comédie, à Madrid, le 29 octobre 1933. Quelques jours plus tard, le nouveau mouvement est enregistré sous le nom de Phalange Espagnole (FE).C’est le début d’une activité politique intense pendant laquelle José Antonio mène de front la consolidation du mouvement et la charge de député. Candidat indépendant aux élections de 1933, il obtient en effet un siège dans la circonscription de Cadiz. En février 1934, FE fusionne avec les Juntas de Ofensiva Nacional-Sindicalista (JONS) et devient FE de las JONS. L’organisation est alors dirigée par un Comité Directeur, qui prend la forme d’un triumvirat constitué par José Antonio Primo de Rivera, Ramiro Ledesma et Julio Ruiz de Alda ; ce dernier étant également le président. Mais la renommée attachée au nom de Primo de Rivera, la qualité de député et la personnalité hors du commun de José Antonio font immédiatement de lui le principal représentant de FE de las JONS dont il devient chef national en octobre 1934.

   À mesure que le mouvement se développe, les rangs de la Phalange se libèrent de l’emprise des illustres personnalités monarchiques qui au début altèrent le projet politique de José Antonio. Mais c’est la défection de Ramiro Ledesma qui marque le point d’inflexion le plus important dans l’évolution politique de la pensée josé-antonienne. Celle-ci s’éloigne désormais tous les jours davantage du corporatisme fasciste.

   Depuis son siège aux Cortés, José Antonio dénonce les véritables causes de la Révolution d’Octobre 1934, analyse le problème du sentimentalisme catalan, s’oppose à la contre-réforme agraire projetée par les conservateurs et critique durement la corruption des politiciens radicaux. Sa proposition de Front National, pour faire face au danger marxiste qui se profile en Espagne, reste sans écho parmi les partis de droite. Les candidats phalangistes sont alors conduits à se présenter seuls aux élections de février 1936 et n’obtiennent aucun siège.

   José Antonio est arrêté, en même temps que la majeure partie du Comité Politique de la FE de las JONS, le 14 mars 1936, pour constitution et appartenance à « association illégale ». Cette accusation est finalement écartée par les tribunaux, mais José Antonio n’en reste pas moins incarcéré sur ordre des autorités gouvernementales du Front Populaire. Il ne recouvrera plus jamais la liberté. Alors que ses camarades sont poursuivis – emprisonnés ou assassinés -, il doit affronter plusieurs procès judiciaires. Le 5 juin 1936, José Antonio est transféré à la prison d’Alicante, lieu où il se trouve lors du soulèvement du 18 juillet. Désireux de mettre fin à la tragédie de la guerre civile, il offre sa médiation dans l’espoir de constituer un gouvernement de concentration nationale. Mais le Gouvernement républicain ne retient pas sa proposition. Jugé pour rébellion, il est condamné à mort et fusillé le matin du 20 novembre 1936. Quelques heures avant de mourir, il écrit dans son testament : « Dieu veuille que mon sang soit le dernier sang espagnol versé dans des discordes civiles ».

   Dès la fin de la guerre, son corps est transféré au Monastère de Saint-Laurent de l’Escurial. Il y restera jusqu’au 30 mars 1959, date à laquelle il recevra une sépulture définitive devant l’autel majeur de la basilique de la Sainte Croix de la Vallée des Morts au Combat, après avoir été porté à dos d’hommes par des camarades qui souvent n’ont pas eu l’opportunité de le connaître de son vivant. Sur la simple pierre tombale de granit qui le recouvre figure le nom avec lequel il est entré dans l’Histoire : José Antonio.

Le Nationalisme par Jean-Marie Le Pen

 

 

 

 

 

 

 

    Ce texte écris par notre président a été publié dans un journal du Front National en novembre 1975.

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                     Le Nationalisme

par Jean-Marie Le Pen

Ancien député,

Président du Front national

 

   Le concept de nationalisme est équivoque.

   Pour les uns, il se rattache à la théorie des nationalités chère aux libéraux du 19è siècle et au droit des peuples à disposer d’eux même qui en découlait.  Cette acception un connu un regain de faveur à l’occasion de la désintégration des empires coloniaux.

   Pour las autres, et particulièrement l’école nationaliste française qui emboîta le pas à Barrés, il ne s’agit pas là de nationalisme mais de nationalitarisme. Le nationalisme étant, dès lors, non le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, mais le droit des peuples, et même leur devoir, de rester eux-mêmes. A la conception de la nation-contrat, ils opposent celle du la nation-héritage.

   En effet, la nation n’est pas seulement l’addition des habitants vivants dans un pays à un moment donné, ni la somme de leurs intérêts particuliers ou immédiats, ni encore une société d’assurances mutuelle.  Elle non confond pas non lus avec l’Etat qui ne peut en être que l’instrument.

   La Nation, c’est une communauté humaine prolongée au-delà de destins individuels de ses membres, une personnalité morale et spirituelle qui s’est constituée à travers les siècles grâce au travail, au sacrifice, à la solidarité  des générations successives, liées par des affinités de sang et d’esprit, et en laquelle est attribué une action spécifique dans l’histoire de l’humanité.        

  C’est, selon l’admirable formule de Renan, une âme, un principe spirituel. Avoir des gloires communes dans le passé, une volonté commune dans le présent. Avoir fait de grande choses ensemble, vouloir en faire encore ; voilà les conditions essentielles, selon lui, pour être un peuples.

  La Nation, c’est encore le plus vaste des cercles de communauté sociale qui, au temporel, soit solide et complet, le couronnement d’un édifice politique dont les familles sont les piliers irremplaçables.

  Mais les nations sont mortelles mène si, comme la France, elles sont fortes d’une histoire millénaire. Elles peuvent se défaire si les causes d’amitié et d’union deviennent inférieures à celles d’inimité et de division. Elles peuvent être minés de l’intérieur par la décadence des mœurs, l’abandon de la discipline collectives, la régression du leur élan vital, l’amoindrissement de  leur potentiel démographique.

   Elles peuvent perdre jusqu’ à leur volonté d’être l’ensemble des lois destinés à défendre la Nation des périls, à assurer sa sauvegarde et sa bonne marche en toutes circonstances.

   L’intérêt national constitue la doctrine du nationalisme. Le nationalisme part d’une observation scientifique: la société n’est pas soumise à la fantaisie de ses volontés, mais à des lois positives qu’il ne s’agit pas d’élaborer mais de découvrir.

  L’étude du passé historique des nations permet de constater que leur naissance, leur vie et leur mort obéissent à des constantes, et qui il existe une biologie politique  avec ses règles impératives, ses accidents, ses maladies, ses guérissons. La nature ne crée pas la société à partir des individus, mais les individus à partir de la société.

  Tout l’effort de l’humanité dans ces luttes pour l’existence a tendu à constituer des organes de durée grâce  auxquels chaque génération n’est contraint à un éternel recommencement.

  Le nationalisme rejette comme utopique l’idée que la Nation puisse être une association volontaire d’individus. L’homme est largement déterminé dès avant sa naissance par son hérédité. A peine né, il ne peut survivre qu’entouré, défendu, nourri, éduqué au sein d’une institution qu’il n’a pas loisir de choisir mais dont il attend tout :  la famille.

  On ne saurait trop admirer, écrit Maurras, ce spectacle de hiérarchie absolument net. La famille, la commune, la région, le métier, la Nation, telles sont les communautés naturelles qui vont encadrer toute la vie de l’individu et lui permettre de bénéficier du trésor accumulé par les générations précédentes. La tradition n’étant pas la transmission de tout le passé, ni de n’importe quel passé, mais la transmission du beau et du vrai, plus encore la permanence dans le développement.

   Etre Nationaliste, c’est être conscient de cet inestimable bienfait, c’est être conscient de la dette que l’on contracte on le recevant à l’égard des générations futures. C’est avoir le soin et la supputation de l’avenir qui peut exiger le sacrifice d’un bien immédiat pour une sauvegarde ultérieure.

   Le citoyen, ni l’assemblée des citoyens n’ont le droit de disposer à leur gré d’une nation dont ils ne sont pas les propriétaires mais les usufruitiers.

   Etre Nationaliste, c’est être soucieux du sort matériel et moral du peuple, et singulièrement de sa partie la plus nombreuse et la plus pauvre.  Le nationalisme est intrinsèquement social,  mais il rejette la lutte des classes, ainsi qu’un égalitarisme aussi mensonger quand il s’agit des individus que quand il s’agit des nations.

   Etre Nationaliste, c’est aussi rechercher dans la coopération avec les autres nations et d’abord les nations sœurs de l’Europe et celles d’Occident, la réduction des tensions internationales.   C’est rechercher la plus grande indépendance nationale possible dans le respect de la différence des autres nations.

   La Nation Française est aujourd’hui menacée par le communisme et plus encore par la décadence de l’Occident. Le sentiment national s’affaiblit, et avec lui tous les principes qu’il sous-tend. La liberté, la prospérité, l’existence même des Français un tant que peuple ne survivraient pas à sa disparition. Il faut donc le restaurer et avec lui les principes d’un Etat National: autorité, hiérarchie, responsabilité, respect des libertés.

   Nous croyons qu’il n’y a pas de sens de l’histoire autre que celui que lui imprime la volonté des hommes.  Le système actuel, démagogue et aboulique, est incapable de s’opposer à la subversion puis à la submersion communiste. Seule pourrait le faire une réaction salvatrice de la Nation devant la mort ou l’esclavage qui la guette.

Je crois que l’avenir de la France sera nationaliste.

Jean-Marie Le Pen

 

 

 

 

 

Militant n° 669

Le Militant n° 669 de mars 2015 est paru.

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