Front National, histoire d’une trahison

Conférence de Florian Rouanet donnée le 17 juin 2013, basée sur l’ouvrage du même nom, rédigé par Philippe Ploncard d’Assac président des Cercles Nationalistes Français.

 

 

A lire : La Guerre eschatologique

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Entretien avec Hervé RYSSEN, paru dans l’hebdomadaire Rivarol du 3 mai 2013.

Jérôme Bourbon : Hervé Ryssen bonjour. Vous faites paraître cette semaine votre neuvième livre. Cette fois-ci, vous traitez d’eschatologie. Pourriez-vous d’abord expliquer aux lecteurs de Rivarol ce qu’est l’eschatologie ?

Hervé Ryssen : Bonjour cher Jérôme, et bonjour à tous nos amis de Rivarol, que j’ai toujours grand plaisir à rencontrer. L’eschatologie, pour faire court, c’est l’étude de la fin des temps. Dans les trois grandes religions monothéistes que sont le judaïsme, le christianisme et l’islam, il y a cette croyance que le monde que nous connaissons doit se terminer un jour. Dans chacune de ces traditions – mais aussi dans la mythologie nordique – des cataclysmes, des guerres et toute sorte d’événements terrifiants doivent se succéder et précéder le combat final contre les forces du mal, duquel naîtra un monde régénéré. On retrouve ce schéma à chaque fois.

Jérôme Bourbon : Quels enseignements avez-vous tirés de votre étude ? Étant donné la proximité des trois religions du livre, pouvons-nous dire qu’il est possible d’envisager un avenir commun ?

Hervé Ryssen : L’eschatologie nous apprend précisément que ces trois religions sont incompatibles les unes avec les autres, pour la simple et bonne raison que leur vision de l’avenir diverge sur ce point fondamental : à la fin des temps, une, et une seule, doit triompher ! Les autres doivent se convertir (chez les chrétiens et les musulmans), ou disparaître purement et simplement. Chez les juifs, en effet, il n’y a pas cette volonté de convertir les autres au judaïsme. Tout le militantisme juif, toute la propagande des intellectuels juifs (à travers leurs discours, leurs films, leurs romans, etc.) consiste à discréditer chez les autres l’idée de religion, de race, de patrie, et tout sentiment d’appartenance, et ce, afin d’élever les juifs au-dessus de la masse des “goys”. Quand toutes les nations auront été détruites, transformées en sociétés multiculturelles, quand toutes les religions auront été anéanties et qu’un gouvernement mondial aura été instauré – sans doute après une grande guerre – une paix “absolue et définitive” régnera sur le monde, pensent-ils. C’est alors que leur messie tant attendu viendra. Les juifs, qui auront su garder leurs traditions, seront alors reconnus par tous comme le “peuple élu de Dieu”.

Jérôme Bourbon : Le suprémacisme juif n’est pas une exception. Les musulmans veulent eux aussi imposer leur domination sur le monde…

Hervé Ryssen : Il y a effectivement aussi dans l’islam cette idée que toute la terre doit se soumettre et accepter le message du Prophète. Mais, comme je vous le disais, il s’agit ici de convertir les autres, et non de les détruire. L’islam n’est pas une secte fermée, comme le judaïsme, mais une religion ouverte, universaliste, tout comme le christianisme, d’ailleurs. Il ne faut cependant pas perdre de vue qu’on trouve à plusieurs reprises dans le Coran l’idée de combattre les infidèles, les armes à la main, s’il le faut. En tant qu’“infidèle”, ça me gêne un peu au niveau du col !

Jérôme Bourbon : Certains patriotes français pensent que les juifs, ou au moins certains juifs, peuvent être des alliés face à la poussée de l’islam en Europe. Qu’en pensez-vous ?

Hervé Ryssen : Depuis une dizaine d’années, une poignée d’intellectuels juifs, qui étaient auparavant de fervents défenseurs de l’immigration, ont effectivement retourné leurs batteries et se sont soudainement transformés, comme par magie, en super-patriotes français, “plus français que les Français”, depuis qu’ils se sont aperçus que tous ces immigrés musulmans qu’ils avaient contribués à faire entrer chez nous n’étaient pas forcément leurs amis. Leur objectif n’est pas de renvoyer ces immigrés dans leurs pays d’origine, mais de les intégrer en douceur, en cassant la force de l’islam. Ils l’ont dit et répété. D’autre part, le discours contre le “fascisme islamique” (“fascislamisme”, écrivait déjà Bernard-Henri Lévy en 2006) est un moyen de préparer les esprits à une guerre contre l’Iran, pays qui ne nous menace pas du tout, en tant que Français, mais qui représente un obstacle pour l’État sioniste au Proche-Orient. Cette rhétorique fallacieuse est donc un attrape-nigauds. En ce qui nous concerne, nous sommes foncièrement opposés à l’implantation massive d’immigrés du tiers-monde sur notre sol, qu’ils soient musulmans ou pas ; et sur le plan international, nous sommes totalement du côté de la Syrie, de l’Iran, ainsi que de tous les pays qui s’opposent à l’axe occidentalo-sioniste. Que les juifs fassent leur guerre eux-mêmes, pour une fois !

Jérôme Bourbon : Comment les théologiens musulmans envisagent-ils la fin de cette confrontation contre le monde occidental et le sionisme ?

Hervé Ryssen : Un théologien comme Imran Hosein a parfaitement compris que l’Occident “chrétien” est aujourd’hui largement judaïsé, du fait d’une propagande cosmopolite incessante dans les médiats. « L’avortement, l’homosexualité, le lesbianisme, l’adultère sont légalisés aujourd’hui… », écrit-il. Ils sont « devenus juifs », dit-il des Européens, à juste raison. Imran Hosein dénonce aussi avec force les manœuvres occidentales en vue de l’instauration d’un « gouvernement mondial ». Pour lui, en tout cas, les choses sont très claires : Dieu a puni une première fois les juifs avec une armée babylonienne ; il les a punis une deuxième fois avec une armée romaine ; la troisième punition sera le fait d’une armée musulmane ; et cette fois-ci, ce sera la bonne ! Quant aux chrétiens, qui n’ont pas su se préserver du nihilisme juif, ils devront cesser d’adorer Jésus comme s’il était Dieu et « seront contraint de le reconnaître comme Prophète. » On note ici une différence de ton entre les musulmans, qui reconnaissent Jésus comme un prophète, et les juifs, qui, dans leur Talmud, insultent le Christ et considèrent qu’il est le fils d’une prostituée et d’un soldat romain. Dans l’eschatologie musulmane, Jésus est aussi parfois considéré comme le “Mahdi” (Celui qui est guidé par Dieu), qui vaincra l’Antéchrist à la fin des temps. Car il y a aussi un “Antéchrist” chez les musulmans. Ils l’appellent le “Dajjal” ; et comme chez les chrétiens, l’Antéchrist, qui viendra persécuter les fidèles avant d’être finalement vaincu, est issu de la secte juive, ce qui n’est guère étonnant !

Jérôme Bourbon : Quelles différences voyez-vous entre l’eschatologie chrétienne et l’eschatologie musulmane ?

Hervé Ryssen : La différence essentielle est que les musulmans croient à un triomphe terrestre, tout comme les juifs, tandis que les chrétiens, et notamment les catholiques, semblent avoir renoncé à toute idée de victoire sur cette terre. L’eschatologie des catholiques est confuse, pour tout vous dire, et n’est pas mobilisatrice, comme chez les juifs ou chez les musulmans chiites, qui travaillent à faire venir leur messie. Dans de rares textes, on peut croire à une évangélisation de toutes les nations. C’est la “sixième période” de l’Église, décrite par le vénérable Barthélémy Holzhauser, qui précède la grande apostasie. À la période suivante, celle de l’Antéchrist, on lit que « la seule victoire possible, pour les chrétiens, en ces jours si terribles, sera d’être vaincus, persécutés, tourmentés et mis à mort, en demeurant fidèles, constants et fermes. » Cet exemple est symptomatique. On voit que les chrétiens sont désarmés, moralement, et les héros qu’ils pourraient être sont transformés en martyrs. Dans l’Église conciliaire d’après le concile de Vatican II (1962-1965), l’eschatologie est encore plus démobilisatrice. Cette fois-ci, l’Église semble avoir épousé la cause du judaïsme. Elle doit être humble, et semble attendre le gouvernement mondial et le règne de l’Antéchrist avec impatience ! La conversion des juifs ? Elle est renvoyée à la fin des temps, et ce n’est jamais du fait du zèle évangélique des catholiques. Il n’y a donc pas ici d’activisme messianique. « Personne ne regrettera les cathédrales gothiques », fruit de notre « orgueil », écrit un théologien, avec l’imprimatur de l’évêché de Paris. On a vraiment l’impression d’un élan suicidaire. Il n’est donc pas étonnant, dans ces conditions, de constater que nos ennemis avancent, et que nous reculons. Tout nous paraît on ne peut plus normal.

Jérôme Bourbon : Qu’en est-il de la “Weltanschaung” du milieu païen ? Pouvez-vous nous-en dire un mot ?

Hervé Ryssen : Le milieu païen en général nourrit une eschatologie qui est assez peu combattive. C’est très facile à comprendre : depuis des décennies, le principal penseur de ce courant de pensée, Alain de Benoist, a ressassé cette idée que chez les Européens d’avant le christianisme, l’histoire était cyclique, et non linéaire. Et tous les penseurs de cette mouvance, après lui, on répété à satiété le mot de Nietzsche : « Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir, mais le pousser. » Ce qui fait que, tout naturellement, nombre de militants de cette mouvance pensent que le mieux à faire est de regarder mourir cette civilisation, et même d’encourager la décadence, convaincus qu’ils sont qu’un nouveau cycle renaîtra une fois que tout aura été détruit. Ils ne se rendent même plus compte qu’à la fin de ce cycle, les hommes blancs seront morts et enterrés, et qu’ils auront laissé le champ libre à leurs ennemis. Les meilleurs d’entre eux se réclament d’un “pessimisme combattif”. Les esprits moins politiques sont les “traditionalistes”, adeptes de René Guénon et de l’italien Julius Evola. Pour ce courant de pensée, l’histoire est un long déclin, un éloignement progressif de la “Tradition primordiale”, et ce, depuis quelques dizaines de milliers d’années (ou quelques centaines de milliers, selon les interprétations !) Après l’Âge d’or, il y eut un Âge d’argent, puis un Âge de bronze. Nous sommes aujourd’hui dans le quatrième et dernier Âge, l’âge de fer, qui dure plus de six mille ans, mais qui doit se terminer prochainement et clore le grand cycle. Ne sentez-vous pas que vous êtes fatigués ? Il faut attendre que tout se termine, affirme Julius Evola ; il est absolument inutile de tenter quoi que ce soit pour lutter contre le courant de décadence ! On comprend mieux, dans ces conditions, pourquoi les juifs et les musulmans ont le vent en poupe ! Tout est question d’eschatologie ! Pour le reste, j’apporte dans la troisième partie du livre quelques éléments de réflexion qui permettent, je crois, de comprendre le fonctionnement de la guerre psychologique que nous devons mener. Pour faire court : pour nous, douter, c’est déjà trahir !

Hervé Ryssen, La Guerre eschatologique, avril 2013, 192 pages, 22 €, port compris. 

Vous pouvez commander le livre ICI (paypal), et LA (Amazon).

ou par chèque, au 14 rue Pierre Brossolette, 92300 Levallois. Chèque à l’ordre de LALIN. 

Conférence de Philippe Ploncard d’Assac

Conférence de Philippe Ploncard d’Assac :

Le nationalisme face à l’escroquerie démocratique

Paris, le 8 juin 2013, à 15 heures, 78A rues de Sèvres, Métro Duroc (ligne 10&13).

PAF – 10 € ; Étudiants et chômeurs – 5 €

Samedi, manifestation à Toulouse

Possibilités de covoiturage depuis toutes les régions et d’hébergement militant.

Pour tout renseignement ou inscription, merci de contacter le 07 62 84 04 35.

 

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Le candidat de la diversité en Isère

 

La France aux fwançais bwouna !

Mireille d’Ornano, secrétaire départemental de l’Isère, aime expliquer ses choix : « … Quand à Mungo Shematsi  il fait partie des candidats de la diversité, mais ce n’est pas pour ça que je l’ai choisi…   Quand je lis qu’on accuse le Fn d’être xénophobe, cela me fait sursauter. Je rappelle aussi que je suis la présidentes de la fraternité française qui œuvre pour le développement de l’Afrique.

Vers la levée de l’immunité parlementaire de Marine Le Pen

Selon la BBC, un comité du Parlement européen a levé l’immunité parlementaire de Marine Le Pen, lors d’un vote secret cette semaine. Ce dernier doit encore être ratifié par les députés européens. Cette décision ouvrirait la voie à une mise en examen de la présidente du Front national, qui est visée depuis janvier 2011 par une enquête préliminaire pour « incitation à la haine raciale ».

Un mois plus tôt à Lyon, Marine Le Pen avait comparé les prières de rue et l’Occupation.  »Je suis désolée, mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la Seconde Guerre mondiale, s’il s’agit de parler d’occupation, on pourrait en parler, pour le coup, parce que ça c’est une occupation du territoire », avait-elle déclaré.

MARINE LE PEN ET FRIGIDE BARJOT ONT AU MOINS UN POINT EN COMMUN

Par Pierre Picace sur  Le Nouveau NH

L’ex porte-parole de la Manif pour tous, Frigide Barjot et la présidente du Front national, Marine Le Pen ont au moins un point en commun. Elles ont toutes les deux souhaité l’arrêt des manifestations des défenseurs de la famille.

L’une parce qu’elle a fini par énerver ses troupes avec ses appels répétés au Contrat d’union civil au point d’être contestée par eux et l’autre pour en terminer enfin avec une longue séquence où son parti a brillé par son silence.

 

Le systeme et son cirque parlementaire: elle passe du Front de Gauche au Front national

Du Front de Gauche au Front national

Anna Rosso-Roig, qui était candidate du Front de gauche lors des dernières élections législatives, se présente aux élections municipales à Marseille sous les couleurs… du Rassemblement Bleu marine.

Nomade politique, Anna Rosso-Roig est ancienne militante PS, longtemps syndiquée à la CGT, elle représentait le Front de Gauche lors des élections législatives de juin 2012 dans la sixième circonscription de Marseille. D’après le Parti communiste, elle aurait même été auparavant membre du RPR.

Comment des électeurs pourraient faire confiance a des gens qui n’ont pas plus de constance, ni de doctrine.

La candidate sera deuxième de liste derrière Laurent Comas, celui-là même qu’elle affrontait l’année dernière.

MARINE LE PEN FAIT PLOUF DANS SA PISCINE VIDE ET SE FRACTURE LA COLONNE VERTÉBRALE

 

Rivarol n° 3095 du 24 mai 2013

  

 

  Ce sont les mots qui ont semé l’effroi auprès des militants, qu’a prononcés Jean-Marie Le Pen lors d’un meeting à Limoges, où il remplaçait sa fille qui avait effectivement fait un plongeon dans sa piscine vide. Ça s’est passé dans sa superbe villa de Millas, près de Perpignan, qu’elle partage avec son concubin sépharade Louis Aliot. Il paraît qu’elle coupait des branches d’arbustes autour du bassin. Avait-elle bu ? Toujours est-il qu’elle a chuté d’une hauteur de 2m50, et s’est fracturé le sacrum (les dernières vertèbres composant l’ossature du bassin). Finalement, plus de peur que de mal, mais elle a dû être transportée à l’hôpital où elle a subi une intervention chirurgicale. Elle « souffre encore », mais reprend le dessus. L’issue aurait pu être dramatique. En attendant, la direction du FN mariniste n’apprécie que modérément le zèle qu’a mis son père à annoncer, urbi et orbi, la nouvelle. Certains mauvais esprits y voient la preuve que le vieux leader entend être toujours présent, en pleine forme, lui… Mélenchon a quant à lui choqué jusqu’à ses propres amis. Il a twitté, fort élégamment : « En attendant, je me casse le cul pour les ouvriers pendant qu’elle se casse le cul dans sa piscine ». Certains militants du Front de gauche se sont même demandé si son compte n’avait pas été piraté. Pas du tout. Merluche assume. Il pratique l’insulte comme Monsieur Jourdain pratiquait la prose. Sa dernière trouvaille, assez amusante, reconnaissons-le : il a comparé François Hollande, lors de la conférence de presse présidentielle, à un “dindon. Un pingouin mâtiné de dindon, ça ne s’était jamais vu…

 

 

 

Le populisme d’apparat ou la neutralisation nationaliste

Par François-Xavier Rochette

 

                 Le populisme d’apparat ou la neutralisation nationaliste 

 

 
   Il s’agit en effet d’un raz de marée, d’un tsunami. Mais la lame n’est pas physique, n’est pas tangible, ne constitue aucunement la réification d’une conscience collective forte, apte à modifier les choses en profondeur. Le papier mâché est abondant, la peinture dégorge des cartons, les masques sont épais, les échasses ajustées, le maquillage apposé à la truelle. Mais malgré la publicité incessante orchestrée par le media unique (comme il existe une pensée unique), malgré le vedettariat institué par le Système, malgré l’officialisation conforme de son statut de rebelle « tout désigné », malgré les cris d’orfraie enregistrés en studio, malgré cette phénoménale mise en scène, le Premier mai du nouveau front national annoncé par l’ensemble de la canaille journalistique n’a rassemblé que quelque 3000 ou 5000 personnes devant l’égérie systémique du néo-populisme à la « française ». Une véritable dérision spectaculaire ! Las, les cadres de l’entreprise familiale (trois générations lepénistes entouraient le commissaire politique Gilbert Collard) avaient distribué des centaines de drapeaux tricolores bon marché aux naïfs destinés à faire la claque aux bénéficiaires directs de la petite PME. Mais l’impression de dépression ou d’atonie se dégageant de la manif était bien la seule à triompher. Le charisme ne se décrète pas, et pourtant aucune magie insaisissable ne vit en lui.

       Le charisme est d’abord enfant de principes incarnés

Car ni le rhéteur ni le fanfaron ne possèdent en eux la quintessence charismatique ! Le charisme n’est pas un don comme le font croire les journaleux incultes ou les animateurs de l’Engeance. Le charisme naît chez le personnage habité, mû par une inflexible volonté de servir les principes vrais ; la volonté même ne suffit pas : Elle doit servir la vérité ! L’exposé du grand sociologue Max Weber sur les trois sortes de dominations caractéristiques dévoile implicitement cette condition nécessaire. Le pouvoir charismatique constitue un tout auquel on ne peut rien retrancher. En cela le dirigeant charismatique ne peut être l’émissaire que d’une partie de vérité, ne peut postuler la tempérance, ne peut jouer le jeu du régime qu’il prétend combattre, bref ne peut mentir à soi-même et donc aux autres. Rappelons aux primo-arrivants rivaroliens que la puissance charismatique est toujours première sur le plan chronologique et qu’elle précède apparemment l’avènement d’une domination traditionnelle pendant laquelle la vérité est enseignée et respectée dans une atmosphère plus sereine, sur une durée plus longue, une période traditionnelle où les progrès et les innovations existent mais ne peuvent remettre en cause l’ordre établi. Un autre type de pouvoir appelé domination bureaucratique par Weber semble in fine peu pertinent en tant que grille de lecture sociologique. L’apparence du froid technocratique, du « sine ira et studio » est fort trompeuse. Il ne peut y avoir de pouvoir exclusivement technocratique, il faut des postulats axiologiques (aussi faux soient-ils) pour tenir la macrostructure sociale et politique. Nous vivons actuellement l’époque du tout mensonge bureaucratique où les experts sont de fieffés hypocrites et les rebelles ou bouffons du régime élaborés en silicone industriel. Peut-être comprenons-nous mieux maintenant pourquoi le monde médiatique d’une manière générale est si dénué de talent. Non que les décideurs n’aiment point par principe le talent ! C’est le charisme qui leur fait horreur ! La condition du vrai changement, l’hétérogénéité dogmatique, les métaphores diverses et variées non de la fantaisie mais de la réalité ! L’on comprend parfaitement à l’aune de ce petit dessin didactique l’inanité plastique d’une femme superficielle comme Marine Le Pen. La belle fadaise ! Seule, incapable de fasciner le peuple (son chantre officiel pourtant…), elle est tirée par toute l’industrie du media hexagonal et désormais invitée dans les émissions où « l’on rigole » entourée d’invertis et de cocaïnomanes. Tout cela a un prix comme la Peau de Chagrin, la jeunesse, l’argent, la renommée et les photographies dans les magazines. Voilà ce que l’on pouvait trouver sur le site Internet du FN la semaine dernière : « A l’heure où la justice allemande se penche non sans courage sur la responsabilité de la division SS Das Reich dans ces massacres, en lançant depuis peu une enquête pour crime de guerre contre les six suspects toujours en vie qui appartenaient à cette unité blindée, le Rassemblement Bleu Marine s’alarme du possible abandon d’une part insigne des vestiges d’Oradour-sur-Glane, qui seraient ainsi sacrifiés sur l’autel des restrictions budgétaires : devant cette perspective inconcevable, il réclame avec force des pouvoirs publics qu’ils s’engagent franchement à doter l’intégralité du site d’Oradour-sur-Glane des moyens financiers permettant d’en assurer la préservation durable. Sur cette affaire qui malmène une fois de plus l’intégrité du patrimoine historique de la France, qu’il appartient à chacun d’entre nous de respecter avec une égale rigueur, le gouvernement Hollande ne saurait davantage fuir ses responsabilités vis-à-vis des Français en refusant plus longtemps de prendre clairement position ». Lignes conformes écrites par Karim Ouchikh, conseiller de Marine Le Pen à la Culture, à la Francophonie et à la Liberté d’expression et Président exécutif du SIEL… Où l’on s’aperçoit que la dédiabolisation désirée par l’héritière de Montretout est fort aisée. Puisqu’il s’agit, en somme, de conformer la ligne du vieux FN à la doxa obligatoire. Il suffit d’écouter les bonnes personnes aux bons moments et bien sûr de respecter les directives de ceux qui « savent ». « Là dans l’intimité d’un petit appartement en duplex, le 8 avril, un repas organisé chez Paul-Marie Coûteaux (vrai patron d’Ouchikh), réunit quelques convives, parmi lesquels Marine Le Pen et Philippe Martel. » Martel est l’ancien chef de cabinet du mondialiste bien élevé Alain Juppé au Quai d’Orsay. « Marine Le Pen, soucieuse de ne pas veiller tard (de qui se moque-t-on ?), quitte la soirée vers 22h30. Non sans que l’ancien conseiller d’Alain Juppé lui ait proposé l’envoi d’une note. Comme ça, pour aider. » Les articles de L’Express sont souvent intéressants lorsqu’ils concernent la fille de Jean-Marie Le Pen. Le magazine aux couvertures triangulaires systématiques consacre désormais des pages et des pages à cet outil du Système dont la fonction sert à désactiver le potentiel révolutionnaire « des exclus » et de « ceux qui souffrent ».

Une vacuité vécue sereinement

Mais l’Engeance est bel et bien confrontée à un problème né tout naturellement. Comment peut-elle soutenir durablement la marionnette tout en cultivant sa nécessaire image iconoclaste, condition de son pouvoir de fascination ? Comment préserver la réputation du Golem quand on l’encourage (comme le font Franz Olivier Giesbert ou le délicat Stéphane Bern) et le défend publiquement, propagande oblige ? Une Engeance qui voudrait un FN aussi attrayant qu’un vrai mouvement hétérogène mais au sein duquel l’on ne trouverait que des membres châtrés, dévirilisés, tenus, comme une vieille gaupe à la retraite tiendrait ses greluchons. Pour ce faire, elle crée des scenarii qui dictent le déroulement même d’émissions que tous les péquins croient honnêtes et sérieuses, des émissions d’information, nous dit-on… Tous les six mois, les téléspectateurs ont ainsi droit à leur match de catch opposant la très fatiguée Marine Le Pen (l’éreintement consécutif à une comédie qui n’a que trop duré) qui abuse visiblement des produits cosmétiques, à Anne-Sophie Lapix, jolie, sémillante et très servile animatrice de Canal plus. Encore une chamaillerie jouée (et en l’occurrence fort mal jouée) pendant laquelle Marine Le Pen traita son intervieweuse de « commissaire politique » à plusieurs reprises… Comme si ses purges innombrables au Front National l’avaient vaccinée contre l’insulte politique… Si, taquin, nous avions un sale conseil à lui donner, ce serait de prendre quelques cours de comédie style « téléréalité » afin de redonner au moins un peu de lustre à une baudruche bien ternie.

      L’ersatz patriotique ? Simplement un espace politico-commercial à occuper quand l’Engeance le veut bien.

Ne sont-ils pas pénibles tous ces nationalistes qui osent dénoncer la pantomime mariniste ? Chut ! Nous ruchonnent tous les Roger-bontemps, invertis, francs-maçons, potiches éhontés de Conseils Régionaux inutiles, chut ! Hein ? Quels intérêts devrions-nous préserver, quelles causes devrions-nous défendre par notre silence ? Les rares « petits », élevés dans la pouponnière frontiste du FNJ, hier dynamique faisceau de jeunes radicaux qui se riaient du danger, sont sélectionnés, eux-aussi, semble-t-il, en fonction de critères d’une inquiétante modernité ! Comme s’il n’y avait absolument plus rien à préserver. Le numéro 1 de la juvénilité frontiste, Julien Rochedy, s’est lâché pour L’Express, encore une fois… Incroyable comme les démocrates marinistes sont prolixes lorsqu’ils sont interrogés par le reporter du magazine, le bien nommé Tugdual Denis ! « Quand j’étais en Cinquième, je voulais être hippie ou rappeur, et je détestais la France. (…) Je m’adapte à mon temps. Si l’on veut triompher dans son époque, il faut l’épouser. » Puis notre alter-rappeur explique que l’étiquette frontiste lui donne un « côté rebelle » qui plaît bien aux filles, alors que « ses vrais amis ne sont pas au Front national ». Une manière de dire, peut-être, qu’il n’est pas homosexuel sans heurter les grands chefs auxquels il doit rendre des comptes ? Enfin, l’atomisation morale, le ramollissement des troupes, la « néo-ringardisation », la « beauferie » du mouvement atteignent de tels niveaux que même notre bon L’Express (« Jusqu’où mènera la banalisation poussée à l’extrême ? ») s’alarme et s’inquiète d’une dédiabolisation qui pourrait écorner l’image d’un FN « sulfureux » attirant, en les chloroformant, les petits, les délaissés, les oubliés, les enragés, les « prérévolutionnaires ». Il ne faudrait quand même pas démonétiser ce fabuleux instrument du Système, énorme camp d’attente éternelle, et d’extinction, du nationalisme orthodoxe.

                                                                                                 François-Xavier Rochette